[Pilote US] Undercovers

J’étais un peu inquiet en voyant débarquer la nouvelle série de JJ Abrams. Une énième série d’action/espionnage, laquelle décrit un couple d’espions qui reviennent dans le milieu après 5 ans de retraite. Je m’attendais à du savoir faire. Il est là, il n’y a pas de doute. Mais entre savoir faire et respect du cahier des charges, la nuance est de taille.

Tout semble en effet millimétré dans ce pilote : la scène sexy, la scène d’explosions, la scène de combat à mains nues, etc… JJ Abrams a voulu trop en mettre, oubliant que ce qui fait une série c’est son âme, son sens du suspense, ses rebondissements. Du reste, le style est tellement copié-collé d’Alias que tout devient étrangement routinier. C’est un peu comme si vous visionniez pour la 948ème fois un chef d’œuvre du cinéma d’action en avance rapide : tout devient subitement fade : il n’y a plus d’enjeux, juste du spectacle.

Pourtant à première vue j’aime bien le couple principal (et Gugu Mbatha-Raw est très agréable à l’oeil, comme on dit).  Ils pourraient être un peu plus chamailleurs/bagarreurs, et avoir un peu plus de personnalité, ou de bagout, aussi. Parce que du coup les lignes de dialogues humoristiques paraissent un peu sèches, moins percutantes. Quand on fait le choix d’injecter de l’humour, il faut l’utiliser à bon escient, et ce n’est pas toujours le cas ici.

Mais finalement ce qui me fait le plus peur, c’est de lire que la série ne sera pas feuilletonnante. Je parlais d’enjeu il y a quelques lignes, mais à quoi bon voir chaque semaine une énième variation de ce cocktail si on ne se positionne pas dans un univers avec ses codes ? Je ne réclamais même pas un grand méchant ou une organisation secrète mais juste un petit fil rouge, un mystère, une interrogation sur un personnage, bref de quoi me donner l’envie de revenir.

Le pilote d’Undercovers donne cette désagréable impression d’avoir regardé un blockbuster au cinéma : le rythme des scènes d’actions millimétrées, l’absence d’enjeu, la tête qui se vide sitôt le film terminé.

Bon, ce n’est quand même pas Human Target, les héros sont quand même un peu plus sympathiques, mais en l’état c’est quand même une déception. Je n’ai pas vraiment envie d’y revenir, mais ça peut être un petit guilty pleasure pendant quelques épisodes.

[Classement de mes attentes pour la rentrée américaine] 11 – Undercovers (NBC)

A première vue, cette série avait tout pour me plaire. Une série d’action, comique, romantique dans un univers d’espionnage, je signe tout de suite. Mais d’après ce que j’ai lu, on se rapprocherait davantage de Hart to Hart (Pour l’amour du risque) que d’Alias. Là ça m’enchante déjà moins. Il faudrait ne pas s’attendre à une quelconque mythologie mais juste à des rebondissements autour de la vie maritale des protagonistes. C’est dommage, le non-feuilletonnant est en train de s’imposer partout (j’en reparlerai sans doute à la rentrée parce que cette tendance m’attriste).

Mais la vie d’un couple d’espions, ça existe déjà sur NBC, ça s’appelle Chuck. Et le comble c’est que Chuck avait déjà parodié Pour l’amour du risque :

On verra si NBC aura eu raison de mettre Undercovers à l’antenne. Parmi les executive producers, il y a JJ Abrams. Et son nom suffit à ouvrir des portes.

En tête d’affiche, deux acteurs noirs, qui plus est inconnus aux USA (même si la britannique Gugu Mbatha-Raw a déjà joué dans Doctor Who).  De quoi être curieux. Et aux dernières nouvelles l’ex Miss France Linda Hardy jouerait dans la série. Un cast international, en somme.

Bref, vous l’aurez compris, je suis à la fois enthousiaste et inquiet. Réponse au visionnage du pilote réalisé par JJ Abrams (comme à l’époque de Lost).

Les clichés sur la France dans les séries

Aujourd’hui, juste un petit mot pour dire aux américains qu’ils faudraient qu’ils se rendent compte du gap entre la France telle qu’elle existe et la France telle qu’ils l’imaginent.

Déjà, pour commencer, la police française ne porte plus de cape. Elle ne voyage pas non plus dans de vieilles citroën. Oui, je sais ça casse le mythe entretenu par Alias, mais la France n’est pas en retard technologique. (Du moins pas de 50 ans). Le réseau téléphonique est impeccable, et nos voitures ne sont pas petites.

La France a aussi un TGV, l’époque des trains qui laissent de la fumée derrière eux est bien révolue. Dans ce même TGV, il n’y a pas de wagon-restaurant avec nappes, ni de services à théière, et on ne vous propose pas non plus de fromage (ça c’est pas dans une série mais dans le film French Kiss avec Meg Ryan et Kevin Kline).

En France, tout le monde ne se balade pas avec une baguette de pain à la main, et le béret basque, bien qu’il soit tendance, n’est plus très répandu. Ah, et puis, j’aimerai bien connaître le nom du resto qui donne une vue aussi magnifique sur la tour Eiffel. (Merci Gilmore Girls).

En France, le client n’est pas toujours roi, mais dire qu’il ne l’est jamais est un mensonge savamment entretenu par les anglais. Ah, et puis, en France on se lave. Pas plus qu’ailleurs, mais on se lave quand même, non mais ! (Film A Good Year avec Marion Cotillard et Russel Crowe). Il faudra d’ailleurs me dire où se trouve ce fameux cinéma-restaurant-piano bar de plein air qui diffuse des diapos noir et blancs en sifflotant des airs d’Yves Montand ou d’autres artistes à la pointe de la tendance musicale…

Ah, et puis la France ne se résume pas à Paris, la côte d’azur et les vignobles. Ca serait sympa aussi une fiction américaine qui nous montre autre chose que ces sempiternels clichés. M’enfin avec Paris qui fait du lobbying assidu auprès des majors pour que le cinéma américain entretienne – faussement – le mythe français, je crains de ne jamais reconnaître la France telle que je la connais.

C’était le post très peu constructif du jour, mais ça fait du bien !

Les remakes de séries télé

Je me suis souvent posé la question, si au fond, je n’étais pas un peu trop nostalgique. Ou si tout bonnement j’avais une profonde aversion contre le système américain, qui n’est bien souvent qu’une usine de recyclage. En d’autres occasions, je parlerai des remakes américains de films asiatiques, mais pour le moment, j’avais juste envie de faire un petit tour du côté des séries.

Faire un remake, ça a souvent été le moyen de faire revivre d’anciennes séries. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le résultat n’a pas été très concluant, ce qui n’a pas empêché bien sûr les nouvelles vagues de remakes que l’on connait aujourd’hui.

On se souviendra particulièrement de la franchise Mission Impossible. Non je ne parlerai pas des films dans lequel joue un scientologue, mais bien de la série originelle, diffusée entre 1966 et 1973 sur CBS. La série est devenue culte en 7 saisons. Tout le monde connait je pense cette série, nul besoin de la présenter. J’en profite pour rendre hommage à Peter Graves qui nous a quitté cette année et qui représente un pan entier de la culture télé américaine. Il avait réussi à ressusciter la série en 1988 (Mission impossible, 20 ans après), pendant 2 saisons. Un remake qui était davantage axé sur des gadgets malheureusement un peu invraisemblables (comme la création de masques). Cela n’a duré que 2 ans.

Dans un autre pays, ce fut aussi le remake de Chapeau Melon et Bottes de Cuir (The Avengers) : The New Avengers. Exit le duo entre John Steed et  Gale, Peel ou King, voilà qu’on nous mettait en scène un trio sans sex-appeal, composé de John Steed, Purdey et Gambit. Là aussi cela ne dura que 2 saisons.

Je pourrai aussi citer The Addams Family, dont la franchise perdurera en couleurs avec The New Addams Family et pour quaisment le même nombre d’épisodes : 2 saisons.

Des tentatives plus récentes ont rapidement avorté : fallait-il vraiment ressusciter K2000 ? Les téléfilms qui ont suivi la fin de la série ne montraient-ils pas déjà à quel point la série n’avait plus rien à dire ? Knight Rider n’aura même pas une saison complète : elle sera rapidement écourtée.

On nous avait aussi promis un remake de Super Jaimie, (elle-même déjà spin-off de the Six Million Dollar Man – dont la conversion en français coûte 3 milliards). Une héroine optimisée, ça avait du potentiel en ces temps de féminisation des personnages. Et pourtant, quelle déception : Bionic Woman est un remake sans âme, qui ne sait même pas ce qu’elle doit raconter. 8 épisodes dont la série originelle n’avait vraiment pas besoin.

Alors pourquoi ne pas tenter de faire revivre des soap ? J’avoue, que sur le papier, revoir Jennie Garth (Beverly Hills), ça suscitait au moins ma curiosité (j’ai aussi été ado). Mais a quoi bon ? L’esprit n’est définitivement plus le même, et le décalage entre les moeurs de l’époque et celles d’aujourd’hui ne donne vraiment pas envie de s’investir. Pour autant, la CW a persisté et elle devrait obtenir une 3è saison. Notez bien que la recette n’a pas fonctionné pour le remake de Melrose place, qui n’aura eu qu’une saison. Là aussi je n’ai pas tenté.

Au rayon des remakes réussis, bien sûr, il y a Battlestar Galactica. Un reboot intelligent de la franchise, un discours politique et humaniste, des effets spéciaux modernes, des révélations, tout était en place pour attirer le fan de SF. Avant que la série ne se fourvoie dans des triangles amoureux insipides, des épisodes sans histoire et sans rythme, pour se finir dans un grand n’importe quoi. Mais c’est dit : BSG fut une très grande série pendant 2 saisons. Et l’une des très rares séries qui a su apporter quelque chose à partir d’une série au concept limité.

En parlant de concept, c’est bien beau de l’exploiter et de vouloir apporter une autre version, encore faut-il que la forme suive. Ce n’est pas du tout le cas par exemple du remake du Prisonnier, série culte par excellence. Soporifique et délirante,la minisérie remake d’AMC se voulait pourtant intelligente en apportant un degré de lecture supplémentaire. Au bout de 6 douloureux épisodes, la déception est belle et bien là.

Enfin, le dernier remake a voir su tirer temporairement son épingle du jeu est V. Sans arriver à convaincre complètement, elle a au moins le mérite de booster le rythme de l’originale et d’avoir un personnage charismatique. Reste à voir si elle survivra une deuxième saison.

J’avais parlé en tout début d’article des adaptations de films étrangers. La tendance aujourd’hui est d’aller chercher les idées qui marchent en matière de séries. Est-ce le signe d’une pauvreté créatrice ou de la main mise du marketing sur les créateurs ? (il est plus facile de faire parler d’une série quand on peut déjà dire qu’elle est l’adaptation d’une autre) : Ugly Betty, Coupling, Eleventh hour, The Office… Ne connaissant pas les originaux je me garderai bien de tester leur pertinence. Mais dans les faits, aucune n’a réussi à me convaincre. Par exemple Ugly Betty n’était pour moi qu’une mise en scène astucieuse pour camoufler la pauvreté des intrigues, tandis que The Office n’a du sa survie qu’à la présence de Jim et Pam, avant que je ne me lasse des gags pas drôles (et souvent méchants) du restant des intervenants. J’avais pourtant cru comprendre qu’à l’origine ça devait être une satire du monde du travail…

Enfin, il semblerait que les USA commencent à regarder d’un peu plus près les productions coréennes (les droits de diffusion du futur drama Comrades/Love song auraient été accquis par Warner, ce qui à ma connaissance, est une première). J’ai le droit d’être suspicieux après l’immonde histoire de My Sassy Girl (En occident, seule la France a pu éditer le DVD du film asiatique, car les américains avaient acheté les droits partout ailleurs pour en faire un immonde remake et ne voulaient pas de concurrence avec l’original)…

Alors quel avenir pour nous les téléphiles ?

C’est malheureux à dire, mais les remakes sont un vrai atout pour les networks dans une guerre de communication. Nikita et Hawai police d’Etat sont les remakes de la saison à venir. Si évidemment je ne peux me prononcer sur leur qualité, je peux en revanche m’inquiéter sur cette tendance à privilégier la forme au fond. Les échecs cuisants qui se sont succédés ces dernières années n’ont pas refoidi les ardeurs des décisionnaires. Mais à force de jouer sur la fibre nostalgique, on va vite manquer de franchises valables. Et moi ça me fait peur qu’on ose envisager un remake d’Alias à peine 4 ans après sa fin.