Secret Love Affair [Pilote – Corée]

secret love affair

Attention petite merveille ! Les responsables du magnifique Wife’s Credentials ont mis les bouchées doubles pour nous proposer un nouveau drama sur JTBC, Secret Love Affair. Ne vous laissez pas abuser par le titre, Secret Love Affair est plus intéressant qu’une énième variation sur l’adultère.

Car avant même de nous parler d’amour, la fiction nous plonge dans l’univers de la musique classique.

Ainsi une école privée renommée recrute chaque année des élèves musiciens. Mais ici, nous ne sommes pas dans Dream High. La phase de sélection ne se joue pas sur le talent supposé de chacun. La description du milieu se veut malheureusement bien plus noire (et réaliste). La corruption est généralisée. Pour entrer, il suffit de graisser les pattes. Le système tourne ainsi depuis longtemps, avec un ou deux élèves réellement brillants représentant fièrement l’école, et les autres médiocres fils à papa.

secret love affair chaebol daughter

La fondation qui subventionne l’école est gérée comme il se doit par un chaebol. La fille du patriarche a bien du mal à supporter sa belle-mère, et certaines scènes montrent à quel point l’amour a définitivement disparu. Désabusée, Seo Yeong Woo (Kim Hye Eun) passe son temps entre les séances de photos et ses aventures extra-conjugales. Elle n’a qu’une envie, se venger et faire tomber tout ce petit monde corrompu.

secret love affair kim hee ae

Et pourtant, ce n’est pas elle l’héroïne de l’histoire. C’est son assistante-manager Oh Hye Won (Kim Hee Ae, A Wife’s Credentials) qui profite largement de son salaire. Si elle est en recul, c’est pourtant elle la clé de voûte de l’organisation. Son mari, prof de musique à l’école, est un incapable, il doit toujours recueillir son avis. Brillante musicienne, elle est partout pour gérer les galas, et on apprendra qu’elle ferme largement les yeux sur cette corruption, tant qu’elle y trouve son compte.

secret love affair kim hee ae park hyuk kwon

Son univers va pourtant vaciller du jour au lendemain. Son mari est particulièrement jaloux d’un autre prof de musique de l’école, lequel a réussi à trouver un protégé extrêmement brillant. Lassé par ses élèves incapables (mais qui font tourner la boutique), il veut pour une fois enseigner à quelqu’un qui le mérite. Il cherche alors partout sur Internet un candidat de valeur, via des vidéos d’apprentis. Alors qu’elle passait par là, Oh Hye Won remarque alors que sur l’une d’entre elles, un joueur de piano a une ténosynovite (inflammation due à une extrême sollicitation du poignet et de la main). Ayant eu elle-même ce genre de désagrément, elle s’empresse d’en avertir l’auteur de la vidéo. Ce seront leurs premiers échanges  teintés d’humour.

secret love affair yoo ah in

Ce dernier est en fait un livreur (dont la petite amie est masseuse de l’héroïne). Lorsqu’il va livrer une cravate le jour d’une représentation de l’école, il assiste secrètement aux répétitions d’un duo de piano, et tente de reproduire tout seul l’arrangement à 4 mains quand le piano est enfin libéré. Il échappe de justesse à la sécurité, grâce au mari d’Oh Hye Won, qui comprend très vite que ce gars là a du potentiel.

Oh Hye Won est alors chargée de l’évaluer, et une vraie renaissance va s’en suivre.

secret love affair kim hee ae yoo ah in

Alors que toute l’histoire se joue jusque là quasiment sans bande originale, on assiste alors à des scènes somptueuses, où notre pianiste talentueux fait passer Oh Hye Won par tous les stades, de l’étonnement à l’admiration, de l’indifférence à l’extase. Lorsqu’ils se mettent à jouer tous les deux, leur connexion est intense, comme un orgasme. Possédés par la musique, leurs corps se tendent, s’étirent, reprennent leur souffle. La musique classique sublime leur réaction, et ces scènes incroyables valent à elles seules le détour. Nous sommes au delà de l’hommage au piano et à la musique. Nous sommes dans le cœur du sujet : la musique est un moyen de sublimer les sentiments.

secret love affair piano scene

Leur expérience va les bouleverser, hanter leurs soirées et leurs nuits. Et ils vont bien sûr comprendre que cette entente parfaite sur les touches du piano va bien au delà de la simple admiration de leurs beautés musicales réciproques.

yoo ah in secret love affair

Ces passages, amis lecteurs, hantent encore votre humble blogueur. Rares sont les fictions à réellement transmettre ce que la musique peut faire vibrer au fond de vous. Les morceaux sont somptueux, interprétés avec grâce, fougue, magie, ils vous transportent, vous font réfléchir…

kim hee ae secret love affair

Mais redisons-le ici. Si l’univers musical est évidemment l’atout de la série, les personnages et la manière de raconter ne sont pas en reste. Au terme des deux premiers épisodes, nous sommes loin, très loin de la caractérisation habituelle des dramas coréens. Avec ses personnages ambivalents, complexes, son langage moderne, on touche à l’intime. Certains dialogues féminins décomplexés surprennent, et une fois encore les auteurs parviennent à donner une toute autre dimension à la femme coréenne. Une femme libre, maline, qui n’arrache pas au spectateur de la pitié ou de la sympathie. Mais une figure réaliste, froide, qui va se réchauffer au fil de sa passion.

On nous promet d’ailleurs des scènes torrides. Nous verrons bien, puisque la Corée du Sud a tendance à s’enflammer un peu vite. Mais le fait est que les acteurs, eux aussi, sont impressionnants.

La mise en scène, limite japonaise, est la même que dans A Wife’s Credentials (exceptée les flamboyants passages au piano, et l’enivrement qui s’en suit). Et les auteurs n’ont pas voulu prendre de risque. Ils ont également repris leurs acteurs. Kim Hee Ae trouve donc ici un personnage qui s’inscrit un peu dans la continuité, avec un rôle de femme affranchie, autonome, libre d’aimer. On retrouve également Park Hyuk Kwon en tant que mari lâche, égoïste, incompétent. Mais la bonne surprise, c’est l’acteur qui interprète ce jeune pianiste brillant, en décalage de 20 ans avec l’héroïne. Yoo Ah In joue à merveille la candeur et l’anxiété. De ses balbutiements à sa révélation, l’acteur joue tout en finesse, et prouve qu’il est capable de jouer dans la cour des grands.

Avec son propos mature, équilibré, intelligent, sa fine et magique mise en scène, ses acteurs fabuleux, Secret Love Affair constitue la nouveauté coréenne la plus enthousiasmante de ces 12 derniers mois. Incontournable.

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2012, une année séries bien remplie – partie 2 : fictions asiatiques

bilan tv 2012 asia

Avant de se lancer à l’assaut des séries de 2013, je vous propose un dernier retour sur les fictions asiatiques de 2012, avec une place de choix pour les dramas coréens. Pour rappel, vous pouvez trouver mon bilan 2012 sur les fictions occidentales (USA, Europe) ici.

Japon

Cette année encore, la section japonaise de ce site a été délaissée, alors que les fictions coréennes ont pris de plus en plus d’importance. Mais contrairement à 2011, j’ai tout de même réussi à suivre l’actualité de 3 j-dramas, et à rattraper un drama de 2010.

Il faut dire que je ne pouvais pas résister à ces annonces : une adaptation du film culte Infernal Affairs (Double Face), l’arrivée de Koreeda Hirokazu (réalisateur de Nobody Knows, Still Walking..) (Going my Home), et le retour de Kanno Miho dans ce qui pourrait être une variation de l’excellent drama Koi Ga Shitai (Kekkon Shinai).

Le résultat fut au-delà de mes espérances.

double face Teruyuki Kagawa

Double Face est plus axé sur la solitude de nos protagonistes, et prend le temps de faire surgir l’émotion, tout en conservant la mécanique bien huilée de son grand frère. Mieux encore, son découpage en deux parties retraçant la vie de chaque héros est un véritable tour de force niveau écriture, puisque l’intensité n’en est jamais amoindrie. Tout simplement incontournable.

going my home abe hiroshi you

Going My Home fut une expérience hors norme. Avec un tel réalisateur aux commandes, je m’attendais à tout, mais pas à vivre une telle plongée à mi chemin entre la réalité et l’imaginaire. Brillant.

kekkon shinai miho kanno yuki amami

Kekkon Shinai avait un concept alléchant et plus actuel autour de la question du mariage et du célibat au Japon, et beaucoup de femmes se sont reconnus dans ce portrait de femme indépendantes, seules, mais pas forcément malheureuses comme la société pouvait le croire. Leur « progression » n’était pas évidente, et ne plaira pas à tout le monde, mais j’ai vraiment aimé ce qui se dégageait. Un très joli drama.

marumo no okite 2

Enfin, mon rattrapage concernait Marumo no Okite (dont le générique me reste encore en tête des mois après, c’est dire). Le genre de drama feel-good, optimiste, avec des enfants adorables, une bonne dose d’humour et de tendresse. Une perle.

Corée du Sud

Abordons maintenant les dramas coréens qui constituent comme je le disais l’écrasante majorité du temps passé devant la télé. Et cette année j’ai décidé de faire un petit classement, exercice on ne peut plus périlleux mais qui démontre sans doute mon orientation progressive vers les fictions du câble.

Il y avait de quoi faire cette année sur le petit écran coréen, et cette diversification est peut-être ce qui me ravit le plus (sur les 14 dramas que j’ai quasiment terminés cette année, 5 viennent du câble). La fiction coréenne est en train de modifier ses modèles et cela se propage peu à peu sur les networks traditionnels (le Big Three coréen : MBC, KBS, SBS). Nos héros deviennent de plus en plus ambigus (Cheongdamdong Alice), plus humains (A wife’s credential), plus directs (Padam Padam). Le désir est reconnu (I need romance 2012, Can we get married, i do i do)  Les récits sont mieux travaillés (Ghost). Et j’ai l’impression que le modèle de l’homme riche et de la femme pauvre a vécu. Ouf. La palette d’émotion continue de s’élargir. Cela n’engage évidemment que moi, mais cette évolution fait plaisir, d’autant plus qu’elle conserve les atouts culturels et cinématographiques propres à la Corée.

Les grandes tendances de l’année furent le voyage dans le temps (Faith, Dr Jin, Queen In Hyun’s man, Rooftop Prince) et l’échange de corps/d’identités (Big, Oohlala Spouses, Ghost). Et si les approches étaient différentes, rares sont les shows à s’en être bien sorti. Il ne suffit pas d’un bon concept pour que ça fonctionne, et l’adage se vérifie malheureusement quelle que soit la nationalité de la série.

C’était aussi une année où la réalisation a fait un sacré bond, distançant encore un peu plus les fictions occidentales dans les thématiques intimistes. (Je sais que ce commentaire en fera réagir plus d’un mais je le pense vraiment.). Je n’ai pas encore été convaincu pour la mise en scène de séquences d’action (désolé mais j’attendais mieux de Gaksital – spectaculaire mais brouillon – et j’ai trouvé Queen In hyun’s man plus sobre et bien mieux filmé). En revanche la poésie, les paysages, les couleurs ont fait merveille cette année (Arang and the magistrate, Padam Padam, Nice Guy, the moon that embraces the sun). Les récits plus « cérébraux »ou intimistes ont également trouvé leur patte (Ghost, A Wife’s Credential, Can we get married, Answer me 1997). Bref, ça faisait longtemps que les dramas coréens étaient passé à la HD, mais c’est la première année où cela se justifie pleinement pour moi. Plus que jamais, ce bond qualitatif implique davantage le téléspectateur et rend exigeant. Cela explique sans doute pourquoi j’ai de plus en plus de mal avec certains dramas qui n’arrivent pas à trouver leur ton (oui je parle de toi Faith ou the King 2 hearts).

Le classement qui suit n’a pas non plus été facile à faire, car j’ai finalement choisi d’intégrer certains dramas qui n’ont pas pu être terminés à temps (ils ont un astérisque à côté de leurs noms). Je trouvais dommage que ceux-ci échappent à cette pseudo-remise des prix, car ils finiraient oubliés l’année prochaine, et vu leurs qualités ils ne le méritent pas. J’en profite pour dire que j’aurai bien aimé un sous-titrage pour Childless Comfort ou The Chaser (qui a mis trop de temps à venir) !

Je rappelle encore une fois que ce classement ne sera probablement pas le votre, alors n’hésitez pas donner le votre dans les commentaires.

wifes credentials

1/ A wife’s credentials (JTBC) *

J’avais commencé ma review des deux premiers épisodes en disant que je n’avais pas vu une telle qualité depuis 2006 et Alone in Love. Les épisodes suivants sont encore mieux que prévus. Du jeu d’acteur à la réalisation, on sent une approche intelligente, réfléchie, mâture. L’histoire d’hommes et de femmes plongés dans un quotidien dont ils découvrent peu à peu les méandres. On arrive à ressentir la moindre inflexion, le moindre questionnement à travers quelques détails dans les scènes. Le décor n’est pas pré-mâché, déformé comme dans les autres dramas. On sent que ces personnages vivent « réellement », qu’ils font partie de la société coréenne, et qu’ils cherchent à s’adapter. Ces personnages ont un but, une personnalité, et si le scénario pourrait ressembler à makjang avec les nombreux rebondissements, il n’y a jamais volonté de faire du spectaculaire. On ne cherche pas à choquer, mais à nous intéresser à leurs destins. Une honte, vraiment, qu’un tel joyau soit passé inaperçu. Vivement que le sous-titrage se termine. Ne loupez surtout pas ce drama, surtout si vous vous intéressez à un autre regard sur la Corée.

can we get married sung joon

2/ Can we get married (JTBC) *

Là encore, le drama a une approche plus adulte. La série trouve son équilibre entre les obstacles qui se dressent un à un pour notre couple et les affaires sentimentales des autres personnages. Il n’y a pas de censure, ni de personnage réellement haïssable, juste des hommes et des femmes avec leurs convictions, leurs principes, leurs façons de voir la vie, lesquelles se heurtent les unes aux autres. On voit aussi comment la famille coréenne s’implique dans un mariage. C’est plutôt bien joué (le duo d’acteurs est très attachant Jung So Min et Sung Joon sont impeccables), et le drama insuffle beaucoup d’émotion et de tendresse (et de désir, car on est sur le câble rappelons-le). Le ton est tout simplement parfait, trouvant l’équilibre entre l’expression sans détour des sentiments et les rebondissements d’une histoire que l’on pourrait croire prévisible. Un régal.

jung eun ji answer me 1997

3/ Answer me 1997 (TVN)

Gros coup de cœur pour ce drama du câble qui mélange parfaitement nostalgie des années 90, chronique du passage à l’âge adulte, et romance. Tout est fait pour qu’on plonge avec bonheur dans ces années là, surtout quand on est trentenaire, car nos propres souvenirs se mélangent au vécu des personnages. C’est tendre, drôle, irrésistiblement attachant. Mieux encore, on nous propose un fil rouge prévisible mais suffisamment habile pour donner au téléspectateur l’envie de connaître le destin du groupe. Qui s’est marié ? Qui  attend un bébé ? Que s’est-il passé ? A travers quelques dialogues, l’auteur joue de sa connivence avec le téléspectateur. Rien n’est grossier, déformé, emphatique. Et puis j’ai beaucoup aimé le traitement réservé au personnage féminin principal. C’est non seulement bien joué, mais bien vu. Notre héroïne est réellement immature, mais passionnée comme on peut l’être à cet âge, ses conflits avec son père doivent résonner chez beaucoup. Notre adolescente est même ouvertement égoïste, tellement obnubilée par ses problèmes qu’elle ne voit pas le changement autour d’elle. C’est aussi un récit hilarant qui montre à quel point la passion peut dévorer la jeunesse. Le regard n’est jamais cruel ou méchant, et le drama tentera même d’en souligner ses points positifs. Bref, l’effort est louable. La nostalgie c’est aussi le lien avec l’histoire de la Corée, d’où les nombreux paris entre personnages sur ce qui va se passer, autant de clins d’œil pour le téléspectateur, que ce soit la naissance de stars de la télé, de la chanson, ou du baseball… Enfin,  il était agréable d’avoir une vue sur la province (c’est Busan, pas Séoul), et il était amusant d’en dégager une certaine fierté, avec la différence des dialectes. Ainsi le drama a un message universel. Quand un fan doit se rendre à un concert, il doit réellement se déplacer, faire des efforts pour obtenir des informations (surtout au tout début d’internet !). Ce n’est sensiblement pas la même chose que d’habiter dans une capitale culturelle. Malheureusement le drama n’est pas sans défaut. Si la réalisation commet un sans faute (prises de vues, musique qui accompagne parfaitement la série), le scénario a tendance à s’allonger en même temps que les épisodes. Du coup, le drama plonge vers quelques facilités plus proches des dramas coréens habituels, et j’ai fini par décrocher un petit peu vers la fin. La romance n’avait peut-être pas besoin de prendre à ce point le pas sur la chronique, même si on devient vite accroc aux personnages. Malgré sa fin à rallonge et quelques égarements, le drama est tout simplement un must-see de 2012. Ah, jeunesse envolée…

ghost sbs so ji sub

4/ Ghost (SBS)

J’aime les dramas qui maîtrisent leurs sujets. En quelques scènes j’ai été happé par ce thriller dans la cyber-police et le twist majeur impliquant Daniel Choi et So Ji Sub. Non, l’auteur déjà responsable de Sign n’a pas tenté de faire dans le symbolique et le prévisible, mais au contraire a cherché à donner un récit plausible et haletant. Ce qui frappe, c’est la constance dans l’exécution. Jamais je n’ai été déçu par les rebondissements. Tout est démontré, expliqué sans tomber dans les pièges visuels façon CSI, les raisonnements sont complexes et solides, et les twists vraiment surprenants. Alors certes il n’y a pas quasiment pas de romance dans la série, et l’acteur principal So Ji Sub est bien trop impassible, mais qu’importe, ce qui compte dans une série policière, c’est le scénario avant tout. Et de ce côté là on a été gâté, tant il est bien ficelé. J’ai particulièrement apprécié la fin. Mais chuuuut !

padam padam

5/ Padam Padam (JTBC) *

Le drama est bien loin du mélo redouté, car sa légère dose de supernaturel (on parle quand même de secondes chances et d’ange gardien !) permet d’insuffler des notes poétiques très séduisantes. Je ne taris pas d’éloges sur Han Ji Min pour son jeu nuancé, subtil, bien loin de sa prestation dans Rooftop Prince. Mais c’est bien l’acteur Jung Woo Sung qui nous prouve un fois de plus son talent : il est fabuleux pour interpréter ce prisonnier qui essaye de refaire sa vie. Voilà un personnage qui ne fait pas rêver car il est multimillionnaire ou vengeur masqué, mais parce que ses blessures aident à le rendre meilleur. Il va devoir comprendre comment reconstruire sa vie alors qu’il n’en attendait plus rien, il va devoir passer d’un homme qui profite de l’instant présent à un homme qui se projette dans l’avenir et prend les choses en main. Il y a quelque chose de très touchant dans cette approche, et sa – très – lente maturation fait plaisir à voir. Bien sûr le drama est poignant, pour ne pas dire bouleversant, mais la sublime cinématographie rend le visionnage très apaisant, un peu comme si le réalisateur avait voulu insuffler une certaine sagesse à son histoire dramatique. Je rajouterai que les scènes clés des « miracles » sont étourdissantes. De très très beaux moments qui le propulsent dans le top 5 …

bridal mask joo won park ki woong

6/ Gaksital (Bridal Mask) (KBS)

Du sang et des larmes pour ce drama qui essaye d’en mettre plein la vue, avec certaines facilités scénaristiques. J’ai beaucoup aimé l’évolution inversée des deux personnages principaux, et les acteurs ont vraiment fait du très bon boulot. Tout le monde ne parle que du héros, Joo Woon, mais je tiens à saluer Park Ki Woong qui passe d’un instituteur altruiste à un monstre assoiffé de vengeance. Cela rajoute une dimension encore plus sombre et fait monter les enjeux. Quel dommage que les personnages féminins ne soient pas à la hauteur. Mention spéciale à l’héroïne, qui passe son temps à se faire capturer et à s’évader pendant les 2/3 du drama. Et les apparitions sans surprise du héros masqué à chaque danger ont fini par plomber mon enthousiasme (La facilité avec laquelle il se sort des situations est parfois risible, mais on dira que c’est l’adaptation du comic qui veut ça). Le drama est donc très répétitif, et sa prolongation ne lui a pas été bénéfique. L’histoire est restée hermétiquement fidèle à ce faux-suspense sur la révélation de l’identité de Gaksital. On peut tolérer plusieurs rebondissements dans ce sens façon City Hunter, mais il vient un moment où ça finit par être agaçant. Heureusement, les multiples destins des personnages secondaires permettent de mieux faire passer la pilule. Et surtout, le contexte historique est intéressant, même si les envolées patriotiques sont exagérées : ainsi sont abordées les femmes « de confort », coréennes devenues esclaves sexuelles, et le racisme bien présent à l’époque. Au final, l’expérience est longue (28 épisodes), mais malgré ses défauts, le drama m’a particulièrement marqué. Il faut dire que j’ai rarement vu autant de morts et de tortures dans un drama coréen… Marquant, certes, mais pas au point de le trouver en tête des classements comme je le lis un peu partout.

history of a salaryman

7/ History of a salaryman (SBS)

Adaptation délirante et réussie d’un classique chinois, History of a salaryman – qui raconte l’ascension d’un homme au sein d’une entreprise – fut explosif. Je n’avais pas vu un tel drama depuis longtemps. Sans son dernier tiers laborieux, la série aurait pu aisément aller plus haut dans le classement. En effet, elle n’a pas su garder les atouts de ses personnages et a préféré s’égarer du côté d’un personnage diabolique. Heureusement elle a gardé son punch tout le long, oscillant entre comédie burlesque, second degré et rebondissements sympathiques. Excessif mais jubilatoire, comme les propos d’une héroïne détonante qui marquera à coup sûr l’année 2012 (bravo Jung Ryeo Won qui jure comme un charretier). Mais il ne faudrait pas oublier Lee Bum Soo, toujours impeccable dans ses rôles. Au final, la série, malgré ses développements dramatiques, ne s’est jamais prise au sérieux comme en témoigne la scène finale où nos personnages reviennent vers la caméra. Un très bon moment de télévision.

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8/ Queen in hyun’s man (TVN)

Amateurs de romances, accrochez-vous. Malgré une fin qui fera tiquer n’importe quel esprit rationnel (même si le message est très joli), le drama a un charme fou. Il faut dire que cela commençait bien, avec des personnages attrayants (l’impulsivité de l’héroïne et la sagesse du héros). On avait jamais vu ça. Ces deux là s’aiment dès leur rencontre, et se l’avouent assez facilement et sans détours. Le récit prend aussi et surtout le temps de voir nos tourtereaux être heureux ensemble. Et ça fait du bien, un peu comme le tournant « feel good » dans Coffee Prince, on se concentre sur leur bonheur. Pas de chamailleries, pas de jalousie, pas de triangle amoureux (ou si peu, vu que l’autre prétendant de l’héroïne ne la fait jamais vaciller). Les voyages dans le temps n’ont ainsi qu’un seul but : nous prouver qu’une telle romance n’est possible que grâce à la ténacité de chacun. Quelques regrets cependant : Yoo In Na (que j’ai toujours aimé comme actrice) est douée pour la comédie légère, mais j’ai eu plus de mal avec certaines de ses scènes dramatiques. Je déplore également un léger côté répétitif pour les scènes qui se déroulent du temps de Joseon, mais dans l’ensemble, le drama fut un vrai bonheur à regarder. Et puis j’aime quand les acteurs sortent ensemble dans la vraie vie.

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9/ Wild Romance  (KBS)

Les comédies romantiques n’ont pas été brillantes cette année, et Wild Romance s’en sort plutôt bien avec une carte qui de premier abord aurait pu être conventionnelle. Mais j’aime décidément beaucoup l’auteur (responsable du mythique Alone in love), qui cherche à créer des histoires originales, notamment en rajoutant une dose de mystère qui tient la route (et ce n’est pas un simple whodunnit, car la question de la motivation était essentielle). Alors oui le jeu de la plupart des acteurs n’était pas sensationnel et le script a du subir quelques compromis, mais j’ai passé un moment agréable tout le long, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir été trainé en longueur ou mené en bateau, ce qui fait que pour moi le contrat est bien rempli. Il n’était pas facile de rendre le récit captivant, et son seul réel défaut d’avoir un peu précipité les choses pour les derniers épisodes, donnant ainsi l’impression que les personnages se réveillaient, transformés. Il est dommage que beaucoup de critiques se soient focalisés sur le jeu défaillant de Jessica de Girls Generation, car elle n’avait qu’un rôle mineur, au fond. Lee Si Young délivre quant à elle une prestation remarquable.

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10/ Nice Guy (KBS)

Le drama a très bien débuté, avec de multiples twists et un bon rythme. J’ai aimé le fait que les personnages soient excessivement torturés, avec une héroïne au départ plutôt antipathique. Il n’était pas question de s’attacher à ces personnages, mais plutôt d’assumer le côté guilty pleasure du show, et j’ai vraiment été emporté par ce tourbillon et cette volonté parfois obsédante de rendre le moindre propos ambigu. Dommage que la seconde moitié de la série ne soit pas au même niveau. L’histoire s’enfonce dans une énième histoire d’amnésie et puis se réveille à 3 épisodes de la fin, lançant des revirements psychologiques à en perdre son latin (au début c’est jouissif, après  j’ai tout bonnement saturé devant l’avalanche de justifications hasardeuses). Et la fin m’a déçu, car manquant clairement d’ambition, et beaucoup trop « facile ». Mais je garde en tête l’excellente prestation des acteurs (Park Si Yeon en tête), la mise en scène superbe (quelle colorimétrie par moments !), et la musique orchestrale qui me trotte encore dans la tête. Grâce à son rythme et à ses twists elle était haletante, impossible d’en décrocher.

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11/ Arang and the magistrate (MBC)

Voilà un drama qui en dépit de ses nombreuses qualités n’aura pas réussi à totalement me satisfaire. Certes, la mise en scène était là (visuellement c’est magnifique, et les combats étaient réussis), mais passé les 8 premiers épisodes, le drama tombe dans la facilité, en multipliant les scènes inutiles (que de longueurs et de flashbacks !) tout en nous promettant la résolution d’un puzzle complexe. Ce puzzle était certes ingénieux, mais mon principal problème vient de l’orchestration des dieux, qui en fait … n’orchestrent pas grand chose. Si l’idée était de montrer qu’ils ne servent à rien, pourquoi les montrer ? Leurs palabres pseudo-mystérieuses m’ont fortement irrité. En fait les qualités de la série (son univers et son semblant de cohérence) sont ses défauts : à partir du moment où on a compris ce qui se passe, on a qu’une envie, c’est que le récit avance ! Cela dit l’initiative est louable, et c’est plutôt rare d’avoir un drama original qui reste crédible avec un monde aussi détaillé et mis en valeur. Hélas, rien à faire, une fois la comédie passée (et Arang perdant de son mordant), mon intérêt pour le destin de ces personnages s’est évanoui. Non, je n’ai pas ressenti d’alchimie pour le couple principal. Ne subsistait donc que le mystère dévoilé trèèèèès lentement pour me happer. D’où le gros passage à vide entre le 8è et le 16è épisode. La fin redevient intense et le tout dernier épisode bien que maladroit et laissant un peu d’amertume en bouche, finit sur une jolie idée, en accord avec la série. Ouf !

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12/ The moon that embraces the sun (MBC)

Le drama a été beaucoup critiqué parce que les intrigues politiques de ce sageuk étaient sous exploitées. Mais j’ai tout de même apprécié la romance désuète, extrêmement figée depuis le départ, qui puise ses sources dans l’idée de destin. Il en résulte des personnages féminins beaucoup moins « libres » que dans d’autres fictions, qui subissent plus qu’elles ne réagissent. Peu importe,  j’ai été envouté par la  réalisation – vraiment superbe – et par la B.O., avec la curieuse sensation d’avoir une jeune Son Ye Jin en actrice principale (ressemblance uniquement physique). Malgré un final inutilement sanglant, et quelques longueurs excessives, j’en garde un bien meilleur souvenir que je ne le pensais. Vu les critiques je m’attendais à bien pire. Oui, c’est très formaté, conventionnel, mais il subsistait quand même un certain charme à l’ensemble. Il y a eu pire cette année, et je trouve dommage que le show soit montré du doigt parce qu’il a obtenu d’excellentes audiences (40 % !). A défaut d’une intrigue complexe, il y avait une direction artistique, ce que les shows suivants ne peuvent revendiquer.

rooftop prince crazy joseon men

13/ Rooftop Prince (SBS)

Ce qui partait comme une très bonne comédie romantique agrémentée de mystère s’est finalement perdu en route. La comédie ? Elle était irrésistible à ses débuts, grâce au décalage permanent entre nos hommes de Joseon et notre héroïne qui leur inculque des règles. Et puis comme souvent, le show n’avait plus rien à dire. A partir du 9ème épisode, ce ne fut que remplissage, et à cause de Némésis bien trop obstinés la série s’est trouvée déséquilibrée. L’alchimie entre les acteurs fonctionne par intermittence, avec parfois de très belles scènes qui atteignent enfin le cœur du sujet. La série ne parlera de destin qu’à la fin, rattrapant in extremis son propos. Mais la précipitation est malheureusement trop visible pour ne pas avoir un goût amer dans la bouche. Bref, un très bon départ, de l’ennui, de l’agacement, et une fin sauvée de justesse pour un drama plutôt moyen au final.

big gong yoo shin won ho

14/ Big  (KBS)

Grosse déception pour ce drama des soeurs Hong et le retour de Gong Yoo. Le départ fut très plaisant, avec l’acteur irrésistible dans le rôle de cet étudiant propulsé trentenaire à la suite d’un échange de corps. Mais voilà, alors que les sœurs Hong délaissent un peu leur symbolique à tout va, le naturel revient au galop. Et une fois encore l’alchimie du couple principal en prend un coup. Pire, l’intrigue amoureuse se perd dans des méandres répétitifs à la psychologie laborieuse. Je n’avais pas vu de tels atermoiements sur une dizaine d’épisodes depuis longtemps. Passés les huit premiers épisodes, la série s’embourbe au lieu de développer sa thématique et de répondre aux questions qu’elle pose. J’ai pris mon mal en patience, parce que ces questions étaient intéressantes et que je voulais voir comment chacun allait retrouver (ou pas) l’élu de son cœur, vu la situation pour le moins compliquée et somme toute audacieuse. Mais la fin est abominablement médiocre, une gifle énorme infligée au téléspectateur déjà bien puni pour sa naïveté jusque là. N’espérez rien. Ni des scènes émouvantes, ni des réponses aux enjeux dont on ne cesse de vous parler depuis des épisodes. Reste la prestation extraordinaire de Gong Yoo, décidément très doué dans ce registre. Mais ça ne suffit pas à sauver ce drama de la liste des pires dramas coréens. Rendez moi mes heures !

i miss you

Mon année 2012 n’est pas totalement terminée : il me reste encore des dramas à suivre (j’en suis resté aux deux premiers épisodespour I miss you, King of dramas et The marriage plot. Pour cette dernière, j’avoue que l’envie de continuer est un peu retombée après avoir lu quelques critiques cinglantes sur la suite du drama… Je me réserve encore concernant School 2013 (pas trop envie de revenir dans l’ambiance scolaire) et Cheongdamdong Alice (à force d’en lire de meilleurs échos même si l’ambiguïté de l’héroïne a du mal à passer chez moi).

faith lee min ho

Par contre je pense ne pas poursuivre : i do i do (là aussi les critiques n’ont pas été très enthousiastes), Faith (parce que je crois que je ne me ferai pas à cette réalisation qui détruit toute dramaturgie), Dr Jin (parce que Jin lui est infiniment supérieur), Jeon Woo Chi (parce que l’histoire ne m’a pas intéressé), a gentleman’s dignity (trop fade), King 2 Hearts (beaucoup de mal avec les personnages et le ton employé), Love Rain (une question de temps ?), Full house take 2 (pitié !), Oohlala spouses (pitié x2 !) … Il faut bien laisser de la place pour les nouveaux dramas de 2013 (le planning a malheureusement changé depuis la publication de mon article sur les dramas de cet hiver, je pense notamment à City Conquest de plus en plus menacé).

feelings casting

Cette année 2012 fut également pour moi l’occasion de regarder autre chose que les dramas coréens actuels. J’ai ainsi pris grand plaisir à commencer le visionnage de Feelings (un drama de 1994) et cela m’a vraiment donné envie de renouveler l’expérience. Autres moments sympathiques : quelques kbs drama special comme Do you know taekwondo, Art, Rememory, Glass Prison, Don’t worry i’m a ghost… Là aussi je compte continuer l’aventure déjà entamée il y a deux ans.

Bref, mon année fut bien remplie, et j’attends avec impatience ce que va donner 2013 ! N’hésitez pas à donner votre avis.

J’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2013. Gardez la santé surtout et réalisez vos rêves. Je vous souhaite également de très belles découvertes dans le monde des séries.

A Wife’s Credentials [Pilote – Corée]

a wifes credentials

Étant sériephile, je suis plutôt habitué aux coups de cœur. Je les recherche, et cette traque fait partie inhérente de ma passion. Des coups de cœur, j’en ai eu plein cette année (on en reparlera lors de mon bilan), mais rares sont les fictions qui arrivent à vous toucher parce qu’elles répondent presque intégralement à votre cahier des charges. A Wife’s Credentials n’est pas un coup de cœur. Non, c’est le drama coréen que j’attendais désespérément depuis 2006 (Alone in Love). Rien que ça. Un bijou d’humanité, de réalisme, sans emphase, diffusé de Février à Avril 2012 sur la nouvelle chaîne du câble coréen JTBC.

wifes credentials

Voilà enfin une fiction mature qui s’applique à dépeindre les travers de la société coréenne, un peu à la façon de certains KBS Drama Special, sans distance, mais sans sensiblerie excessive. Notre héroïne est une femme mariée, Yoon Seo Rae (Kim Hee Ae), qui a élevé son enfant malade autant qu’elle le pouvait, l’éduquant elle-même sans faire appel à des écoles privées, préférant le protéger de la compétition scolaire, car il semble bien en retard. Qu’importe ! Pour elle, le bonheur et l’épanouissement de son enfant est bien plus important. Après bien des années d’efforts et de traitements, le fiston Han Gyeol semble enfin moins fragile, et peut même commencer le sport.

wifes credentials kim hee ae

Son père, Han Sang Jin (Jang Hyun Sung),  ne supporte plus cette situation. Sa nièce est particulièrement brillante dans les études, et ses propres parents ne veulent pas d’un petit-fils sans réussite. il persuade alors sa femme Yoon Seo Rae de s’installer dans un nouveau quartier huppé, avec de meilleures écoles, où sa mère est susceptible de les aider (ce qui s’avérera on ne peut plus faux, vu que celle-ci préfère jouer au go Stop sur son ordinateur plutôt que de recevoir sa belle-fille quelques instants – en quelques secondes le portrait est bouclé). Yoon Seo Rae accepte, à contrecœur, parce qu’il est toujours douloureux de se rendre compte que la vie ne fait pas de cadeaux. Avec la crise, on ne peut plus survivre sans accéder à des postes de plus en plus hauts. Et pour cela, il faut donc accéder à une meilleure éducation, au plus tôt. N’est ce pas déjà trop tard pour Han Gyeol ? Et surtout, la société lui laissera-t-elle encore une chance ?

wifes credentials drama

Le regard est sans complaisance pour le système éducatif coréen qui, sous prétexte de réussite scolaire, pousse les enfants très tôt à prendre des cours privés, avec des requis en terme de connaissance de plus en plus aberrants. La lutte est rude, et les regards de ces mères louves en dit long : il n’y aura pas de pitié. Lorsque Yoon Seo Rae essaye de s’acclimater elle est confrontée à la méchanceté, la lâcheté, et subit sans cesse des moqueries. Son fils n’a jamais fait le moindre examen dans sa vie, alors quand elle comprend qu’il va devoir en faire un pour peut-être rentrer dans un cours privé du soir, elle pense que ses propres capacités suffiront. Hélas. L’humiliation sera sévère. Faut-il alors ré-orienter son enfant dès maintenant vers le sport ou des carrières artistiques, parce que la compétition a déjà commencé bien plus tôt dans les autres matières ? Notre héroïne n’est pas dépourvue d’idées, heureusement. Elle essaye alors d’avoir accès à une excellente tutrice, elle-même directrice d’une école privée, et sa bonne foi, son innocence, sa gentillesse finiront bien par lui faire franchir tous ses obstacles. Pense-t-elle… sans savoir qu’elle même ne résistera pas à croquer la pomme.

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Yoon Seo Rae n’a pas une vie facile, mais le drama ne verse pas dans la larme facile. Son mari ne lui prête guère d’intérêt, et ne l’estime pas non plus. Sa mère souffre de la maladie d’Alzheimer et vit loin d’elle dans une maison de retraite (les scènes sont particulièrement touchantes dans le deuxième épisode). Et surtout, rien ne la destinait … à tomber amoureuse du dentiste (marié !) de son fils (Lee Sung Jae).

a wifes credentials drama scenery

La romance reste en effet le sujet phare de cette fiction, et elle est traitée avec suffisamment d’habileté et de maturité pour qu’on en comprenne les tourments. C’est l’adultère qui se cache derrière cette histoire d’amour. On sent cette irrésistible attirance, ce sentiment dangereux qui pénètre cette femme. Les baisers sont furtifs mais fougueux, et pour tout dire plutôt inattendus aussi tôt dans un drama coréen (si vous n’êtes pas convaincu, jetez vous sur le troisième épisode !).

La série déroge à tous les clichés, se veut à la fois plus âpre, plus sobre dans le traitement de l’émotion, ce qui a pour résultat – paradoxalement – de nous impliquer encore plus dans le propos. J’ai toujours eu un très net penchant pour les human drama, et A Wife’s Credentials rappelle par moment certains dramas japonais, voire même les dramas coréens des années 90. Un retour aux sources ?

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Nous ne sommes pas dans une réalisation qui recherche les regards, multiplie les angles de vue, et cherche à faire sortir l’émotion dans tous les plans comme dans April Snow (qui décrivait déjà avec une immense justesse une passion interdite). Et pourtant par moments tous les sentiments transparaissent magnifiquement à l’écran. Le drama opte aussi pour une musicalité parfois décalée. Si on peut comprendre le choix de certaines chansons anglo-saxonnes, j’ai eu parfois l’impression d’un décalage entre l’émotion ressentie et l’émotion véhiculée. Disons le tout net, ce sont des choix qui me correspondent moins. J’aurai préféré un thème orchestral sublimant certaines scènes (et cela se corrigera de plus en plus heureusement). Mais le drama utilise parfaitement le silence, intensifiant encore plus la plongée dans ce monde réel.

Résumer l’histoire à une romance mature dans un contexte social particulier ne serait pas rendre justice au drama. On sent en effet que quelques révélations sont à venir, et que malgré les rebondissements imputés au genre, le drama arrivera à se maîtriser pour faire fusionner human drama et makjang. La question de la fidélité, de la double vie y est par exemple traitée avec de multiples personnages…

Que dire de plus si ce n’est que le drama est à voir absolument…

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