Introduction au cinéma coréen

Comme promis, je continue un peu mon exploration de la fiction sud-coréenne par le cinéma.

Je ne suis pas assez calé pour vous parler d’histoire du cinéma coréen, mais je tenais à faire une petite introduction avant d’aborder individuellement certains films ou certains auteurs.

Rassurez-vous, le blog ne tourne pas le dos au petit écran (et encore moins à la fiction américaine). Mais ça aide parfois, quand on veut découvrir un pays, de ne pas se contenter d’un seul média. Ainsi, pour toute personne désirant franchir le pas et se mettre aux séries coréennes, je conseillerai de s’initier à son cinéma. Car l’un et l’autre dépeignent de façon complémentaire la culture de ce même pays, la façon toute particulière de voir et ressentir les choses. Il y a une vraie sensibilité, typique de la Corée du Sud, que l’on peut rapprocher de l’affection pour le mélodrame (qui imprègne une écrasante majorité de dramas coréens).

Un peu d’histoire, d’abord, si le cœur vous en dit.

Le cinéma coréen a traversé plusieurs épisodes de censure. Après le départ des troupes japonaises puis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), le cinéma bénéficie enfin d’une période propice à son développement, malgré les développements chaotiques des républiques successives. Espoir de courte durée puisque le coup d’état de Park Chung Hee ouvre la voie à un régime dictatorial qui même s’il permet une ascension économique fulgurante, est un régime qui censure beaucoup. A la fin de ce régime, la forte contestation sociale permettra plus tard l’ascension de réalisateurs comme Park Chan Wook (Old Boy).

Notons bien que le cinéma coréen est largement protégé et soutenu par son pays (notamment par une politique de quotas qui fait enrager les USA). La soixantaine de films produits chaque année (voire 80 à 100 ces dernières années) font autant d’entrées que les 200 films hollywoodiens diffusés en Corée. Cet essor créatif est ce qui permet aujourd’hui au cinéma coréen d’être présent dans la plupart des grands festivals internationaux.

On le voit, le cinéma coréen est sculpté par l’histoire de son pays. Bon nombre de films parlent de l’idéal de la réunification avec la Corée du nord, de la dictature militaire, sous fond de patriotisme, de l’américanisation de la société de consommation, tandis que d’autres, plus rares, s’ouvrent progressivement et très timidement à d’autres cultures (la représentation de l’Europe et de ses clichés, mais aussi des collaborations avec le Vietnam, le Japon, et la Chine). Mais si certains films de genre ont une couche sociale, comme le film fantastique de Bong Joon Ho (The Host), le cinéma est avant tout une industrie du divertissement (ce que je revendique : la fiction est avant tout divertissement). On sent bien le regard complaisant que les critiques peuvent porter à ce type d’industrie, pourtant, la Corée a réussi là où je pense que la France a échoué.

Pourtant, à bien y comparer, la France et la Corée ont des statuts similaires : une industrie cinématographique soutenue par la volonté de leurs dirigeants (quotas, aides financières), et le besoin d’affirmer une existence culturelle alternative à la toute puissance d’Hollywood. Le succès est encore plus frappant pour la Corée qui réalise 50 % de ses entrées par des films coréens, tandis que la France réalise seulement 33 % de ses entrées par des films nationaux. Vous allez dire que je caricature mais pour moi la France se contente majoritairement de deux genres : la comédie franchouillarde et comme j’aime à l’appeler, le film socio-psychologique (déprimant ?). En France, on aime bien les étiquettes. En Corée, on hésite pas à mêler les genres dans un même film, et si ce film démarre sur du comique farfelu, il peut fréquemment se terminer en drame tragique. Si en France on met souvent l’accent sur le social pour susciter l’émotion, en Corée, on oublie pas de porter l’émotion, quitte à être parfois trop démonstratif. Enfin, et ce qui pour moi est LA différence de taille, c’est que le cinéma coréen ose le blockbuster à l’américaine, ose la multitude de genres, du cinéma populaire au film d’auteur : science fiction, fantastique, suspense, horreur, film noir, policier, action, comédie, comédie romantique, drame, historique, …

Ce boom extraordinaire du cinéma coréen peut être symbolisé par le 1er blockbuster coréen Shiri, premier d’une longue lignée de films écrasant au box-office des films américains comme le seigneur des anneaux, harry potter, ou spiderman.

En France, le cinéma coréen est encore méconnu ou boudé en salles, peut-être parce qu’une fois encore on privilégie l’exploitation de films à connotation sociale ou les films d’auteur, comme les films de Kim Ki Duk (Printemps été automne hiver) ou Ivre de femmes et de peinture (record pour un film coréen en France avec 320 000 entrées). Old Boy, prix du Jury à Cannes, n’a eu que 140 000 entrées. Il est vrai aussi que le cinéma coréen exporté est majoritairement celui qui fait les festivals internationaux. Ce qui, en soi, est dommage.

Enfin, je nuancerai quand même beaucoup mes propos. En effet, si je trouve que le cinéma coréen a beaucoup apporté, il s’est quand même largement transformé ces dernières années, on y trouve (beaucoup) moins de perles qu’avant. A voir donc, s’il s’agit d’une simple phase.

Voilà, donc mon sentiment. Je précise tout de même que je suis loin d’être un cinéphile à temps complet, donc loin d’être une référence absolue en la matière, mais je tenais tout de même à vous faire partager mes coups de cœur sur ce cinéma.

Et juste pour le plaisir, un petit panorama des affiches de films (sans ordre particulier) : Marathon, My Sassy girl, Printemps été automne et hiver, taegukgi (frères de sang), the good the bad the weird, april snow, welcome to dongmakgol, attack the gas station, a tale of two sisters, a moment to remember, git : feathers in the wind, windstruck, 3-iron (locataires), the king and the clown, save the green planet, a bittersweet life, phone, il mare, friend, joint security area, christmas in august, chihwaseon (ivre de femme et de peinture) :

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Acteurs et actrices coréennes : Hwang Jung Min

Hwang Jung Min est un acteur qui a sensiblement progressé, pour devenir un des acteurs incontournables en Corée.

A l’inverse de la plupart de ses collègues, il n’a pas commencé à jouer dans des séries, mais est issu du théatre (il est major dans cette discipline) et s’est fait reconnaître au cinéma. Sa filmographie est impressionnante.

On le retrouve donc dans Shiri, le blockbusterd’action et de suspense de 1999, où il a un petit rôle. Mais c’est avec le film musical Waikiki Brothers (2001) puis le triangle amoureux Road Movie (2002) qu’il reçoit ses premières recompenses.

Parmi ses autres prestations, il jouera dans le déstabilisant film d’Im Sang Soo (A good Lawyer’s wife, devenu en français Une femme coréenne). C’est à partir de ce film et de This Charming girl, gagnant de très nombreux prix internationaux (Deauville, Sundance, Berlin) que sa renommée va prendre de l’ampleur. Ses rôles vont prendre de l’ampleur.

C’est en incarnant un membre de la mafia dans A Bittersweet Life qu’il marque les esprits. A cette époque, il parait vraiment antipathique, et il va briser son image pour peu à peu devenir un dur au coeur tendre, voire un doux rêveur.

Ainsi, il est méconnaissable dans le très beau film You are my sunshine, où il incarne un fermier qui se marie avec une prostituée (Jeon Do Yeon, celle qui gagnera au film suivant – Secret Sunshine – un prix d’interprétation à Cannes), laquelle est positive au HIV. On y voit d’ailleurs le traitement scandaleux réservé à l’époque pour ces malades.

C’est dans My lovely week (the most beautiful week of my life, encore appelé All for love),  film aux histoires entrecroisées que Hwang Jung Min étonne encore par sa versatilité.

Mais décidément l’acteur rayonne dans les milieux ripoux, et le très bon polar Bloody Tie (2006) achève de me convaincre. Cet acteur a le charisme des plus grands.

Après un Black house passé inaperçu parce que vendu comme un film d’horreur alors que c’est un thriller psychologique, il m’a tout simplement bluffé dans Happiness.C’est peut-être sa meilleure prestation à ce jour. Hur Jin Ho a décidément le chic pour sublimer ses acteurs. Hwang Jung Min incarne un homme détestable qui profite de vies nocturnes, d’alcool et de débauche et qui va se retrouver ruiné, avec une cirrhose.Pour éviter d’en parler à ses proches, il part dans un hospice à la campagne. Il rencontre alors une femme malade jouée par Im So Jung. La quête du bonheur commence alors, et la transformation de Hwang Jung Min est épatante.

Enfin, dans A Man who was a superman, il rejoint Jun Ji Hyun pour incarner un homme qui prétend être superman. Il incarne parfaitement cette folie douce à l’origine tragique.

C’est alors que Hwang Jung Min fait une incursion dans les séries télé avec une sympathique comédie télévisuelle en 2009 : That Fool (Accidental couple).

Hwang Jung Min est vraiment un acteur à suivre, parce qu’il est capable de jouer tous les rôles, du comique au tragique, de la folie douce à la folie meurtrière, de l’homme à femme à l’amoureux transi, de la magie au réalisme. Grâce à son évolution et à la diversité de ses rôles, il figure maintenant parmi mes acteurs préférés.

Acteurs et actrices coréennes : Lee Byung Hun

C’est l’été, une période un peu plus creuse en matière de séries télé américaine. L’occasion pour moi de partir en vacances, mais je ne vais pas laisser le blog pendant ce temps. Des articles paraîtront le plus régulièrement possible (certains en avance), et en cette période estivale, j’avais envie de faire quelque chose de plus léger : un petit tour d’horizon des acteurs et actrices coréennes que j’apprécie. L’occasion de vous familiariser, si vous ne l’étiez pas encore, à une belle brochette de talents.

On commence donc aujourd’hui avec Lee Byung Hun, l’un des acteurs coréens les plus connus au niveau international.

Lee Byung Hun est né le 12 Juillet 1970 à Séoul. Comme beaucoup il a commencé sa carrière d’acteur à la télé dans les années 1990, où il commença à se faire remarquer. Mais il doit le début de sa popularité au cinéma, grâce au carton que fut le thriller Joint Security Area (2000), réalisé par celui qui allait devenir l’un des cinéastes de référence en Corée : Park Chan Wook . Il enchaine avec un film qui dévoile une toute autre facette de son talent : le très beau Bungee Jumping of their own (2001), où il incarne un homme complètement chamboulé en amour par ce que le destin lui a réservé. Il fallait dévoiler une certaine sensibilité pour parler de l’Amour comme une force irresistible qui transcende l’âme, et non plus comme une simple question d’identité sexuelle. Et Lee Byung Hun fut tout bonnement épatant.

Après un bref retour dans le monde des séries (All In, avec Song Hye Kyo, en 2003), sa carrière continuera au cinéma. Je citerai par exemple A bittersweet life (2005), magnifique film, où il incarne un homme de main vengeur à la fois fragile et terriblement dangereux.Ce fut le début d’une reconnaissance internationale.

Après cette petite merveille, il joue dans un film mélodramatique (Once in a Summer), où il incarne avec une grande subtilité un garçon amoureux plein de charme pris dans les tumultes de la dictature des années 60.

Puis il joue le méchant dans l’excellent western The Good The Bad the Weird (le bon la brute et le cinglé), un blockbuster à mettre entre toutes les mains.

Sa carrière internationale prend de l’importance : il joue avec Josh Hartnett dans I come with the rain (2008) puis dans un blockbuster américain (GI Joe).

Enfin c’est en 2009 qu’il fait son grand retour à la télévision dans la série d’espionnage IRIS, l’une des meilleures audiences de l’année.

Lee Byung Hun, c’est un acteur qui réussit à surprendre, car il peut très bien incarner un personnage avec de multiples facettes. Son immense popularité n’est pas due qu’à son physique (vous trouvez pas qu’il a des airs de Delon, jeune ?).

Bref, Lee Byung Hun est un acteur au charisme prodigieux. A suivre…

I Saw the devil, le dernier film de Kim Ji Woon (A bittersweet life, the good the bad the weird), sort en août 2010. Lee Byung Hun y pourchasse l’excellent Choi Min sik (Old Boy).

Le trailer promet encore de bien belles choses.