Penny Dreadful [Pilote]

Penny Dreadful

La nouvelle série de Showtime entend s’imposer dans les thématiques fantastiques, à grand renfort d’effets gores, mais elle en oublie de parsemer son récit de rebondissements, et son côté « faux théâtre » a le don d’irriter.

Il est en effet dommage d’utiliser un casting aussi renommé (Timothy Dalton, Josh Hartnett, Eva Green) dans des scènes où les personnages clament leur texte avec froideur. Le réalisateur était peut-être fasciné par son image, mais le téléspectateur que je suis a fini par jeter l’éponge devant tant de rigidité.

L’ambiance, hélas, ne repose pas sur ces personnages énigmatiques (même si la révélation finale est attendue). Nos chasseurs (ou proies) du surnaturel ont bien des difficultés à émouvoir. Et il n’y a malheureusement rien d’oppressant dans les scènes où l’horreur se cache dans l’ombre.

penny dreadful timothy dalton

Non, on assiste juste à un des plus grands défauts de l’industrie hollywoodienne : la surenchère. La vision de corps mutilés et sanguinolents ne vous fascine plus ? Qu’importe, Penny Dreadful nous en montre des montagnes. Encore, et encore. Et encore. Le but était de provoquer le dégoût du téléspectateur ? Il est atteint. Malheureusement pas dans le sens voulu. Heureusement la réalisation est impeccable, et jongle très bien avec la lumière.

penny dreadful eva green

L’histoire de Penny Dreadful se situe en 1891 à Londres. Un explorateur, Sir Malcolm Murray (Timothy Dalton) est à la recherche de sa fille Mina, et avec l’aide de Vanessa Ives (Eva Green), versée dans l’occulte, ils sont confrontés à des forces naviguant entre la vie et la mort. Ils font appel à un pistolero (Josh Hartnett), et à un faux médecin légiste qui aime particulièrement découper les cadavres (surprise, surprise !). Sans trahir le scénario, on sent alors que la série va être un gros mélange de figures mythiques du fantastique, et ça rend l’ensemble très casse-gueule.

penny dreadful fx

Le mystère réside dans l’identification de la menace : vampires ? égyptiens immortels ? mort-vivants ? satanisme ? On y trouve un peu de tout, et à vouloir goûter à tout on finit par s’effrayer du manque de cohérence du récit. Mais nous n’en sommes qu’au pilote, qui prend largement son temps pour exposer la situation.

Malgré la débauche de moyens, on ne peut pas vraiment dire que j’ai été convaincu par ce spectacle qui veut tellement impressionner qu’il finit par agacer. On est pas loin du sentiment que j’éprouvais devant American Horror Story… Pour contrebalancer ces mauvaises impressions, il y a évidemment l’espoir que le récit arrive enfin à surprendre au lieu de vouloir imposer son ambiance et ses figures littéraires un peu trop lettrées. Le créateur étant une pointure d’Hollywood (John Logan a écrit Skyfall et Aviator), on ne va peut-être pas fermer la porte tout de suite, mais je suis très sceptique.

feu_clignotant1

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s