God’s Gift – 14 Days [Pilote – Corée]

14 days

N’ayant pas franchement envie de retenter l’expérience d’une énième histoire de divorcés (Sly and Single Again après Emergency Couple), la nouvelle fiction de SBS me tendait les bras avec son univers mélangeant mélodrame, thriller, et fantastique. Enfin, il faudra quand même dire à la chaîne que c’est pas vraiment malin de diffuser en même temps une autre série qui s’appelle 3 days. (Résumons donc :  49 days, 2 weeks, 14 days, 3 days.. on est plus très loin de 24h chrono… !)

J’étais donc parti avec les meilleures intentions en lançant les deux premiers épisodes de 14 days, et le moins qu’on puisse dire c’est que je suis sous le charme.

lee bo young 14 days

Au niveau casting, rien à dire, la prestation de Lee Bo Young vaut largement le détour, et mine de rien l’actrice continue de grimper les marches sur le podium de mes actrices préférées. Bien que l’histoire soit extrêmement cruelle et mélodramatique, elle arrive à insuffler la dose exacte d’émotion à chaque scène. Et c’était pas gagné, vu les nombreuses scènes larmoyantes.

La réalisation y est pour beaucoup, aussi. J’avoue avoir été bluffé par la recherche de certains plans, et le montage extrêmement dynamique des scènes d’action. On est à des années lumière de séquences contemplatives, et le rythme des épisodes en est amélioré sans pour autant faiblir en émotion.

Mon problème majeur avec ces deux premiers épisodes est malheureusement assez simple. Ils prennent beaucoup trop leur temps pour nous donner ne serait-ce qu’une idée du récit. C’est peut-être une réaction difficile à comprendre alors que je me plains des innombrables et insupportables flashforwards des derniers dramas, mais à la fin des deux heures de visionnage, on ne peut que supposer le twist majeur qui nous attend, et j’aurai aimé que la série essaye de se vendre un peu plus.

14 days lee bo young

Notre héroïne Kim Soo Hyun (Lee Bo Young, I hear your voice) travaille dans des émissions d’investigation criminelles, dans un contexte particulier : une série de meurtres terrorise la population, et le chef du gouvernement, dans un élan de populisme déclare « la guerre aux meurtriers », en réactivant notamment la peine de mort. Avec son mari qui travaille également à la télévision dans des émissions politiques, ils ont eu une petite fille, Saet Byul, qui a le cœur sur la main. Cette innocence se double malheureusement de grosses difficultés scolaires, que notre mère a bien du mal à surmonter. Cette partie est vraiment bien amenée et développe intelligemment la relation mère-fille, loin du rêve émerveillé de la parentalité, mais en démontrant suffisamment leur attachement.

lee bo young 14 days gods gift

A partir de là, le récit prend un ton nettement plus sombre, dévoilant indice par indice le basculement de leurs vies vers le néant. On a malheureusement bien conscience, après l’introduction dessinée, que notre héroïne va subir d’atroces douleurs à cause de son enfant, et le contexte criminel complète assez facilement le schéma. On se met donc à espérer une meilleure issue, mais rien n’y fait et le drame survient à l’issue du premier épisode, prenant le téléspectateur à la gorge. C’est très efficace, même si j’aurai pu me passer d’une séquence d’auto-flagellation un poil trop longue devant les caméras. Impossible de ne pas penser à certains grands films coréens qui regorgent d’histoires sur cette thématique, et 14 days s’en sort de façon très honorable. La bande son devient muette par moment, l’écran se trouble, bref, tout est fait pour parfaire le malaise.

14 days scene

Et si la comparaison avec le cinéma coréen m’est venu à l’esprit c’est aussi à cause de la narration. Au lieu de regarder 16 épisodes découpant l’histoire d’une série télévisée, j’ai eu l’impression d’assister au début d’un film, où l’accent est mis sur de très nombreux détails dont vous devinez qu’ils auront une explication plus tard. La thématique fantastique va permettre l’exploitation de ce puzzle sur la durée, et j’aurai bien aimé que l’on me l’annonce dès maintenant. Oh bien sûr, on peut déjà faire travailler ses méninges, et on sait déjà que notre héroïne n’en a pas fini avec ses découvertes. Mais en l’état, ces deux premiers épisodes n’annoncent rien. Pire, le second épisode se conclut sur une triple scène dramatique sans aucun cliffhanger, ou rebondissement. (Presque) rien ne nous dit que l’histoire va continuer sur une base fantastique, à moins d’avoir lu le synopsis de la série.

Il n’y a pas de promesse. Juste l’espoir fou que la suite de l’histoire utilise intelligemment tout ce qui a été semé pendant les deux premiers épisodes. Il y a des raisons d’être optimiste : le mélange entre thriller et drame fonctionne parfaitement pour couper le souffle du téléspectateur, la réalisation est souple, dynamique, intense, et réfléchie. Enfin le casting est impeccable, Lee Bo Young en tête.

14 days jo seung woo

Si mon cœur est déjà pris du côté de l’héroïne, je suis en revanche un peu plus réservé pour le héros Ki Dong Chan (l’excellent Jo Seung Woo, Marathon) qui rate sa vie, certes, mais ne suscite aucune empathie particulière du fait de ses actions. Il abuse sur la boisson, trempe dans des combines, mais n’est pas spécialement malin. Bref, un individu parmi tant d’autres, jusqu’à ce qu’on nous dévoile enfin le traumatisme de son passé : avoir fait condamner (injustement ?) son frère pour meurtre. Là encore c’est plus la recherche de la vérité qui donne envie de continuer que la personnalité soporifique du héros. Dommage, mais il a encore du temps pour s’affirmer.

14 days kim tae woo

Le drame est donc au centre du récit, et de la construction des personnages. J’attends avec une certaine curiosité leur transformation. L’approche est pour le moins touchante et réaliste, et j’ai particulièrement apprécié le traitement réservé au mari de notre héroïne joué par Kim Tae Woo (That Winter the wind blows). Non, on n’oublie pas la détresse d’un père, quand bien même le récit s’ouvre sur la relation indestructible entre une mère et sa fille.

On retiendra donc l’aspect puzzle des différents mystères, le très bon casting, l’excellente réalisation, le mélange thriller/drame efficace, et on croise les doigts très fort pour que l’aspect fantastique soit à la hauteur. Il manque juste au récit des personnalités un peu plus fortes, et quelques rebondissements astucieux pour que ce drama soit l’un des incontournables de l’année. Allez 14 days, ne me déçois pas !

feu_vert3

Une réflexion sur “God’s Gift – 14 Days [Pilote – Corée]

  1. Hello,
    Bon article et dans l’ensemble je suis d’accord.
    J’avais moi aussi connaissance du pitch et j’ai été assez surprise qu’ils achèvent l’épisode 2 sur un ton aussi nihiliste. Le public a donc dû attendre la semaine suivante pour voir le retournement de situation attendu. A ce stade, j’en suis à l’épisode 3 (j’imagine que tu l’as vu entre temps) et je me dis que les premières minutes du 3 auraient dû être les dernières de l’épisode 2. Ça aurait un cliffhanger assez mortel. Un peu comme dans Ghost, finalement: l’événement choc intervenait à la fin du 2e épisode et c’est parfait.
    Je ne sais pas ce qui s’est passé au moment du montage mais il y a eu un raté sur ce coup-là. Sinon, c’est effectivement un drama très prometteur.
    Elodie

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