Basketball [Pilote – Corée]

Basketball poster

Avec un titre pareil, le nouveau drama de tvN va bien nous parler (un peu) de ce sport d’équipe, il s’agit en réalité avant tout d’un drama historique. Le récit se place en 1939, en pleine montée militariste japonaise, avec une Corée toujours occupée. Et un peu comme Gaksital (Bridal Mask), la mise en scène va être la plus démonstrative possible.

basketball poor koreans

En effet on peut malheureusement déplorer des traits largement forcés pour faire passer le message. Sans nuances, tous les japonais de la série méprisent les coréens. La montée du nationalisme japonais, et ce sentiment de supériorité sur les autres peuples était certes bien réelle, mais on peut regretter une présentation aussi manichéenne, où même les étrangers (français en l’occurrence) deviennent des incultes arrogants. Cette haine entre les peuples se traduit donc par une multitude d’injures, de cris, de coups, d’humiliations que vont subir les victimes coréennes. A cela se rajoute un portrait des collabos de l’époque, une haute société coréenne déconnectée des préoccupations des miséreux, et une corruption rampante…

basketball do ji han

Mais venons-en au scénario. Notre héros Kang San (Do Ji Han), dans la rue, doit apprendre à survivre. il vend de l’alcool et des cigarettes, et grâce à sa mère servante auprès d’une famille japonaise, il peut aller à l’école mais ne pourra terminer ses études. Sa passion, c’est le basketball. Et comme le drama aime bien multiplier les encarts pédagogiques, on apprendra que le basket et le football étaient très populaires à l’époque. Ainsi Min Chi Ho (Jung Dong Hyun) est une véritable star de ce sport, ayant rejoint l’équipe nationale (devenant selon certaines rares critiques, une marionnette du pouvoir japonais, mais pourtant largement adulée par tout son peuple).

basketball work

Kang San pense s’en sortir lui aussi en intégrant une équipe de basket, mais malgré son talent indéniable, il n’arrive pas à se faire recruter. La faute à des dirigeants corrompus qui préfèrent intégrer des joueurs issues de bonne famille. Pour notre héros, il ne reste plus qu’une solution : accepter de jouer clandestinement dans la rue, là où tous les coups sont permis et les paris truqués. Hélas, ce n’est qu’à la fin du second épisode qu’il s’apercevra que ce choix n’était pas le bon, puisque le truand qui organise les matchs n’hésite pas à briser les vies des plus pauvres, pour le compte de la haute société.

En effet, le drama va nous montrer comment un dirigeant d’entreprise – sous la pression de l’Occupant – accepte de raser des bidonvilles pour construire des habitations japonaises. Cet homme froid veut se dépêcher de marier sa fille, Choi Shin Young (Lee Elijah), laquelle rêve d’amour plutôt que d’argent…

basketball romance

On en arrive donc à la romance de la série qui ne m’aura pas totalement convaincue. Certes, il est agréable d’avoir un héros sauveur de ces dames, courtois, limite fleur bleue. Mais il ne faudrait pas tomber dans l’excès, avec un personnage sans défaut dont la fille tombe amoureuse dès le premier regard, à grand renfort de ralentis. Ça manque clairement de subtilité, et cette mise en scène est répétée de nombreuses fois, histoire de bien faire comprendre au téléspectateur ce qui se passe sous ses yeux. Je suis plutôt bon public pour ces scènes, mais à trop vouloir marquer le coup, le réalisateur a obtenu l’effet inverse. L’héroïne, enfermée dans sa cage dorée, est vraiment nunuche à sauter sur son téléphone, attendant son prince charmant, lequel fait tous les efforts pour suivre à la virgule près ses désidératas. L’alchimie n’a donc fonctionné que sur certaines scènes, parce que je n’arrive tout simplement pas à comprendre ce que ces deux là peuvent se dire. D’ailleurs leur premier rendez-vous est presque complètement occulté, j’espérais autre chose que des lacets à nouer ! La complicité, ça se mesure autrement que par des scènes immobiles où nos acteurs se regardent pendant de longues minutes….

basketball lee elijah

Dans le registre dramatique, cela passe mieux. Même si ce n’est clairement pas original, la fin du second épisode donne un peu d’espoir avec une mise en scène plus exaltée. La patte du réalisateur de Chuno est bien là, et ça permet au drama terminer sur une bien meilleure note qu’à son démarrage.

Car il faut bien le dire, jusqu’à la deuxième moitié du second épisode, l’ensemble paraît bien ennuyeux, malgré un contexte qui se démarque des autres productions. C’est long, très long, démonstratif, pas très subtil, et j’ai vraiment eu du mal à accepter les enjeux, à ressentir quelque chose pour ce couple tellement en manque d’amour qu’il en devient naïf. La bande sonore, sait se faire discrète, élégante même, ce qui aurait pu être un atout de taille si le drama avait su doser ses intrigues plus efficacement.

La série a de l’ambition, elle a aussi des moyens (une très bonne réalisation, des décors soignés et des effets spéciaux intégrés reconstituant très bien l’époque), mais elle manque surtout de finesse pour me convaincre entièrement. C’est évidemment une question de sensibilité, mais moi je suis un peu passé à côté… On verra pour la suite.

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Une réflexion sur “Basketball [Pilote – Corée]

  1. Grosse déception pour moi. Je ne m’attendais absolument pas à ce que ça soit aussi cheesy et que ça se complaise dans des stéréotypes aussi énormes. Les décors et les costumes sont très réussis, mais c’est tout ce que je peux dire de positif.

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