Suburgatory [Pilote]

Tessa, une jeune fille de 16 ans, se voit contrainte de quitter Manhattan le jour où son père, qui l’élève seule, découvre des préservatifs dans son tiroir. Direction les suburbs, nouveau purgatoire ! (d’où le titre de la série, Suburgatory). Et là-bas, ça va être dur de s’acclimater.

Il arrive parfois qu’un pilote a une telle énergie qu’on passe outre sa satire sous acide. Lorsque les premiers trailers de Suburgatory sont arrivés, je n’étais guère convaincu : voir des histoires où on se moque en permanence d’autres personnes, très peu pour moi. Je n’aime pas les mockumentary, ce n’est pas pour me retrouver en plus dans un univers de superficialité où – haha – les femmes ragotent, et les hommes sont des mollusques.

Mon jugement était un peu rapide. J’avais sous-estimé l’aspect cartoon de l’ensemble. La satire est tellement forcée qu’on se retrouve avec des personnages complètement improbables. Et à partir de là, il devient possible de rire. On se relaxe, on apprécie le rythme, les bons gags, et on se dit que finalement la série arrive à raconter une histoire tout en étant créative et délirante.

Et patatras, la fin de l’épisode nous montre notre héroïne s’acclimater à sa nouvelle vie de purgatoire. Fallait-il absolument se raccrocher aux branches, nous faire une petite louche moraliste sur le fait que cet univers déjanté n’est pas si abominable et qu’il peut séduire une fille parfaitement équilibrée ? Nous quittons alors la sphère du délire pour revenir brutalement sur terre. Ugh. Juste au moment où j’allais me laisser convaincre par l’énergie du pilote. Je comprends la manœuvre, et je suis le premier à réclamer une part de profondeur dans les séries comiques, mais dans ce cas là il ne fallait pas sortir le gros stabilo tout le reste de l’épisode. Ce grand écart est dommageable.

Soyons honnête, j’ai ri aux éclats plusieurs fois, notamment quand le père et la fille se livrent des messages par le biais des titres de leurs livres. Ou quand le père annonce involontairement sa situation d’homme célibataire.

Le reste, tout ce qui a trait à la caricature du monde des Suburbs, ça passe beaucoup moins, même quand on fait l’effort de se dire que ça va au delà, que c’est du délire type cartoon. Ce n’est pas l’univers qui est drôle, c’est plutôt son style d’humour, son timing, comme le comique de répétition quand on nous présente à la suite les nez refaits de toutes les filles. Parce que pour moi, se moquer des filles superficielles, c’est déjà perdre son temps (et être un peu superficiel, non ?).

Malgré tout, j’ai décidé de donner une seconde chance à la série. Le duo père-fille (Jeremy SistoJane Levy) est épatant , il y a de bons gags, de l’énergie, de la créativité, c’est finalement juste un problème d’équilibre dans le discours et ça peut se régler à moyen terme.

3 réflexions sur “Suburgatory [Pilote]

  1. Bon j’ai pas encore lu ton article car j’ai pas vu l’épisode, j’ai juste regardé le feu…et orange… zut je suis déçue j’attendais pas mal de cette série.
    Bon bref, je reviens lire par ici dès que je me serais faite ma propre opinion.

  2. Vu à l’instant. Contrairement à toi, je n’ai ri aux éclats à aucun gag mais j’ai trouvé l’ensemble plutôt sympa (même si j’aurais aimé que l’humour soit un peu plus cinglant que ça).

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