Baby-faced beauty

Succès surprise du printemps dernier en Corée, Baby-faced beauty est une comédie romantique très sympathique qui n’aura pas su développer correctement ses intrigues. Du postulat de base, qu’en ont donc fait les auteurs ?

Rappelez-vous. Lee So Young, une jeune femme de 34 ans au physique juvénile, utilise l’identité de sa petite sœur Lee So Jin pour travailler dans le domaine de son rêve : le design de vêtements. Elle est douée, mais bien des obstacles l’attendent avant qu’elle ne puisse y arriver.

Ce qui m’avait plu au départ, à savoir la thématique de l’apparence juvénile, n’est utilisée que dans la première moitié du drama. C’est mon premier regret. Il était certes difficile de pousser le concept plus avant, mais j’aurai aimé que les relations entre les personnes soient mieux exploitées. En effet, en Corée, les relations sont déterminées par l’âge des protagonistes. Pour simplifier : le respect du aux aînés est primordial. Notre héroïne âgée est obligée de se comporter comme une jeune femme pour ne pas se faire démasquer. Elle n’est donc pas prise au sérieux. Cela va évidemment se compliquer quand le jeune élu de son cœur la croit approximativement du même âge que lui.

Le drama va plutôt se focaliser sur le mensonge de Lee So Young. Malheureusement, il faudra attendre là aussi la première moitié de la série pour qu’on passe le cap après de multiples et d’improbables cliffhangers (va-t-elle être découverte ? ). Pour autant l’attente n’est pas insoutenable, car en même temps nous découvrons les facettes et les personnages qui gravitent autour d’elle : la chef suspicieuse, le président divorcé et son enfant, et bien sûr le héros Choi JinWook (Daniel Choi). L’ensemble est rythmé, drôle, et assez addictif.

Si Jang Nara est l’atout du drama, car elle joue très bien la jeune femme naïve et timide (ses yeux brillent de manière spectaculaire), Daniel Choi n’est pas en reste. Plutôt doué pour la comédie et les gaffes, il incarne un personnage différent des autres comédies romantiques. Choi Jin Wook n’est pas en haut de l’échelle sociale, il n’est pas attirant, rien ne lui réussit, il est gaffeur, mais surtout il est très persévérant. Choi Jin Wook ne baisse jamais les bras, au boulot comme en amour, et il est prêt à donner de sa personne pour celle qu’il aime. Fini le prince arrogant imbu de lui-même ! C’est un vrai soulagement.

Malheureusement, la série ne va pas exploiter son filon romantique. Il faudra attendre le dernier quart de la série pour que ça bouge un peu, et encore, ce qui nous est montré nous ramène des années en arrière, tant nos personnages sont prudes. Rassurez-vous, nous avons droit à quelques belles scènes (grâce au talent des acteurs, merveilleux de naturel), mais il est clair que le drama a délaissé une grande partie de sa thématique romantique au profit d’histoires redondantes.

Le voilà, le principal défaut du drama : c’est ce besoin de nous montrer notre héroïne en compétition dans de multiples concours de stylisme. Les deux premières fois, ça passe. Les suivantes, beaucoup moins. Je ne reconnais aux auteurs qu’une circonstance atténuante : le drama a été rallongé à 20 épisodes en cours de diffusion. Mais on finit par se demander si le stylisme n’est qu’une affaire de compétition, laquelle se gagne évidemment toujours à la dernière minute.

Et dans ces histoires, rien ne nous est épargné, pas même la chef jalouse qui va tout tenter pour gagner. Le cliché de la méchante de service… Dans certains dramas, cela passe mieux, notamment quand on prend le temps d’explorer son background pour expliquer son comportement. Dans le cas de Baby-faced beauty, c’est plus problématique. Ce n’est pas tant la jalousie de celle-ci qui me gêne, c’est le besoin de la placer systématiquement comme celle qui créé un obstacle à l’épanouissement de notre héroïne candide.

J’ai en revanche davantage aimé le triangle amoureux, car pour une fois le second rôle masculin n’est pas qu’un bienfaiteur qui se place en retrait : il est capable d’utiliser ses atouts pour conquérir la belle. Moi qui n’aime pas trop ces triangles amoureux qui font d’habitude la part belle aux malentendus, j’ai apprécié les discussions franches entre les protagonistes.

La série souffre donc de la répétition de ses histoires dès le deuxième tiers de la série, et alors qu’on s’accroche pour obtenir une jolie fin, celle-ci laisse un gout un peu amer. Disons-le plus simplement, elle est bâclée. Le devenir des personnages est à peine évoqué ou alors arrive de façon si surprenante qu’on se prend à regretter le manque d’évolution, y compris pour le couple principal. La résolution des tous derniers obstacles manque de cohérence, et on attend désespérément une surprise qui ne viendra pas. Quand le rideau tombe, c’est vraiment fini.

Baby-faced beauty a donc de nombreux défauts. Sans s’enliser comme pour Manny, la série a néanmoins manqué de créativité pour redonner un second souffle aux intrigues, et a surtout laissé s’échapper l’occasion de parfaire l’alchimie du couple principal. C’est sur cette dernière que réside finalement l’intérêt de la série, et Jang Nara et Daniel Choi vont me manquer. Malgré des personnages trop naïfs (heureusement rappelés à l’ordre vers la fin de la série), j’ai été sous leur charme. Parfois, le naturel, la simplicité, l’innocence, ça paye. Sympathique, la série a su donner aux personnages masculins une autre dynamique que dans la plupart des dramas, donnant à l’ensemble beaucoup de scènes tendres ou drôles. Avec en plus quelques essais de mise en scène originale, et quelques très belles chansons de Jang Nara, il y a tout de même de quoi passer de très bons moments.

Et malgré tous les défauts précédemment cités, je préfère n’en retenir que le meilleur. C’est plutôt bon signe, non ?

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2 réflexions sur “Baby-faced beauty

  1. Je suis plutôt d’accord avec toi. en fait, je n’ai pas grand chose à rajouter, et rien a contester tellement nos avis sont proches !

    Je trouve très dommage que le drama ait été rallongé, dommage aussi de voir comment le shéma des compétitions de couture est toujours identique au fil des épisodes. Le second personnage féminin, bien qu’un peu moins diabolisé que d’habitude m’a aussi un peu tapé sur les nerfs – on se demande ce que peut lui trouver le Président, j’aurais aimé que leur relation soit plus poussée, plus montrée, à un moment, il sont quand même sur le point de se marier… enfin.
    Comme toi, j’ai adoré le triangle Jin Wook/So Young/Président, et comme tout est très « mature », avec comme tu le dis, ces discussions franches, et enfin un mec qui ne fait pas qu’observer, même si au final… ne rien faire n’aurait pas changé grand chose… comme d’habitude XD

    Le gros point négatif de ce drama réside en Jin Wook à mon avis. J’adore Daniel Choi, j’ai adoré son personnage, mais sur la fin, on en a un peu marre de son immaturité chronique, on a juste envie de le secouer et de lui dire de grandir un peu… ça passe mieux avec So Young, ce côté retour au siècle dernier, mais franchement, faut qu’ils arrêtent de constamment rallonger un drama qui marche, sérieux. Le pire pour lequel ils ont fait ça, récemment, c’est Myung Wol The Spy… la fin est une catastrophe quand le début était franchement drôle malgré l’absurdité absolue du scénario;.. enfin.

    Bref, un drama qui se regarde bien, avec des moments romantiques qui font battre le coeur à cent à l’heure – j’oublierais jamais la déclaration de Jin Wook… ^^ »

    Ils se sont rattrapés sur la fin, et j’admire la force que ce drama a eu de ne jamais tomber dans le pathos en continuant avec brio sur la ligne « humour » qui est quand même le ton de ce drama. A part un premier épisode peu concluant, la suite est bien, et le personnage de So Young est véritablement original et décalé dans cet univers du drama, ce qui est véritablement agréable et rafraîchissant.

    Oh et ça n’a rieeen à voir, mais je te conseille de regarder Warrior Baek Dong Soo ! Ce drama est génial – enfin il est pas encore fini, et on risque toujours le schéma City Hunter, mais pour le moment, c’est 22 épisodes sur 30 de sans faute !
    Oh… et je ne sais pas si tu as vu le drama japonais Pride… ça devrait te plaire je pense !

    Voilà ! Merci pour tes articles géniaux que je dévore toujours avec un plaisir incommensurable !

  2. Merci à toi pour ton très long commentaire !
    J’entends effectivement parler de la fin catastrophique de Myung Wol, ce qui fait que j’ai décidé de faire l’impasse. Des fois ça sert d’attendre ^^
    concernant Warrior Baek Dong, il fera peut-être parti de la session de rattrapage cet hiver, mais j’ai malheureusement d’autres priorités pour le moment (il faut dire que j’ai un peu de mal à me mettre devant les dramas historiques même si ça s’est un peu arrangé). J’en entends parler beaucoup de bien en tous cas.
    Merci encore, vraiment, ça fait plaisir de lire de tels commentaires argumentés, avec des conseils de visionnage, merci, vraiment merci !

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