Raising Hope saison 1

Autre bonne surprise de cette saison 2010-2011, et seule nouvelle comédie réussie à revenir la saison prochaine, Raising Hope est une de ces séries qui provoque un déclic automatique. Vous ne tombez pas amoureux des personnages au fil du temps, vous les aimez dès leurs premières scènes. Autant dire que grâce à cette série, je me remets à espérer un renouveau des séries comiques. Il n’est pas dit qu’elle survive la saison prochaine, mais je croise déjà les doigts.

C’est une vraie surprise, car à vrai dire, je n’y croyais pas trop. La série est créée par celui qui nous a donné My name is Earl (Gregory Thomas Garcia), une très bonne comédie qui s’est rapidement enlisée malgré quelques pics de créativité. En cause ? Un univers qui tournait en rond. Et je ne pensais pas que l’auteur arriverait à retrouver son imagination tant elle paraissait épuisée. J’avais tort.

Raising Hope nous dépeint la famille Chance. Il y a Maw Maw (Cloris Leachman), l’arrière grand-mère qui souffre de la maladie d’Alzheimer, et qui loge dans sa maison la famille de sa petite fille Virginia (Martha Plimpton, The Good Wife), une femme de ménage, qui s’est mariée à Burt (Garret Dillahunt, Terminator the Sarah Connor Chronicles), un jardinier. Ces deux derniers ont eu un fils très jeune (à 15 ans) : Jimmy (Lucas Neff). Jimmy a désormais 23 ans, il ne sait pas grand chose de la vie, et fait un enfant à une meurtrière condamnée à mort. Il récupère donc le bébé, qu’il baptise Hope. Le voilà avec de nouvelles responsabilités à assumer, et malheureusement ses parents n’étant pas des modèles, il va falloir qu’il apprenne beaucoup de choses. Et puis la jolie Sabrina (Shannon Woodward, The Riches), caissière dans un supermarché, pourrait peut-être l’aider…

Comme My name is Earl, la série vaut le coup d’œil pour la galerie de personnages, toujours à mi chemin entre le trash et le déjanté. Vous aurez ainsi droit à de multiples évocations de l’irresponsabilité des parents (notamment quant il s’agit de s’assurer de la protection de leurs rejetons. Citons par exemple la cigarette, le manque de ménage ou la voiture sans plancher qui laisse passer la tête de l’enfant). C’est hilarant. Mais à la différence de son ancêtre, Raising Hope ajoute une dimension affective, qui fait qu’on ne se moque pas méchamment de ces « losers ». D’ailleurs, j’ai le plus grand mal à les qualifier ainsi. Une vraie tendresse se dégage de ces personnes dépassées par ce qui leur arrive, et qui essayent, avec leurs moyens limités, de survivre. Mieux encore, on sent l’amour familial même si ces parents soient en apparence complètement inaptes. On voudrait s’en prendre aux grilles de lecture des services sociaux que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

Et la série enfonce le clou. Notamment avec le personnage de Maw Maw. Il n’est vraiment pas facile de faire rire avec la maladie d’Alzheimer, et la série ose briser quasiment tous les tabous. Les hallucinations de l’arrière grand-mère sont des spectacles de choix, que la famille essaye d’éviter ou dont elle profite autant que possible. Pareil pour les pertes de mémoire et ses accès de lucidité. C’est absolument ignoble sur le papier, et ça révolterait n’importe quelle association Alzheimer, et pourtant… Là encore, ce n’est ni méchant ni moqueur, juste une fantaisie débridée. Je n’ose imaginer les comités d’éthique français se pencher sur cette série. Et pourtant derrière le trait féroce, il y a une vrai regard sur la place de la personne âgée dans notre société.

Et puis il faut bien l’avouer, la série n’aurait pas été aussi réussie sans une romance impossible entre Jimmy et Sabrina. Jimmy est éperdument amoureux de la caissière, mais ne sait pas comment s’y prendre pour la séduire et se déclarer. D’autant que la belle a un petit copain, parti étudier à l’autre bout de la région et qu’elle n’a aucune idée des sentiments que Jimmy nourrit à son égard. Ces deux là sont mignons tout plein si vous me passez l’expression, et mon côté shipper a pris le dessus.

Le cast est donc parfait. Avec une mention spéciale pour Garret Dillahunt qui campe de façon impeccable un personnage limité intellectuellement. Après Terminator the sarah Connor Chronicles, où il avait déjà un rôle à contre-emploi, l’acteur m’a épaté. Et puis, j’ai bien aimé revoir Shannon Woodward (The Riches). (Oui, j’avoue). Vous rajoutez à cela quelques guest star, et vous obtenez un spectacle de haut niveau.

Raising Hope a donc bien des atouts pour faire mieux que My name is Earl : une dimension sociale et trash toujours présente, auquels se rajoutent une vraie tendresse pour ses personnages et une romance. La série ne court qu’un seul risque, celui d’épuiser sa créativité comique.

En effet, si l’univers est irrésistible (entre Shelley la babysitter qui garde aussi les chiens et les personnes âgées, Barney le directeur du supermarché complètement à l’ouest, et Frank l’employé « creepy »), les personnages n’évoluent pas d’un iota. Ils restent dans leurs gimmicks, ce qui fait qu’à la longue, je crains que la saison 2 ne sache non seulement plus quoi dire mais plus faire rire de manière originale. C’est ce qui était arrivé aux personnages d’Earl.

En tous cas, en l’état, mis à part un ou deux épisodes moyens, la série est tout bonnement réjouissante, avec ses coups de canifs sur la société actuelle et ses gags délirants. Il s’en dégage une sorte de morale qui est le fil conducteur de la plupart des épisodes.

Bref, vous l’aurez compris, non seulement la série est drôle (vraiment drôle, hein), mais elle reste sincère, attachante et a quelque chose à dire, ce qui n’est pas du tout le cas des autres séries comiques délirantes qui ont pullulé ces dernières années.

A ne surtout pas louper !

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