Bilan de la saison automnale 2010 (USA)

J’ai un peu hésité avant de me lancer dans la rédaction de cet article, car par rapport à mon dernier bilan automnal (2009), j’ai un peu changé ma façon de faire. Je rédige chaque semaine un bilan de mes visionnages américains, ce qui fait qu’il est plus facile de lire mes impressions. En clair, j’ai un peu peur de faire redite, mais dans le même temps je ne voulais pas déroger à l’exercice.

Si globalement cette saison automnale (septembre à décembre 2010) est très morose, c’est en grande partie parce que les nouveautés n’ont pas du tout été à la hauteur.

Il y a bien sûr celles dont je n’attendais rien, et qui ne constituent donc pas une déception, comme Hellcats une série de cheerleader ni drôle ni sexy, Shit my dad says, une sitcom à base de répliques sans théâtralisation ni gestuelle adéquate, ou Mike et Molly, comédie lourdingue sur une romance sans romance.

Je cherchais un peu de fraicheur pour cette rentrée. J’ai déchanté quand j’ai vu le ratage que constitue No Ordinary Family. Un bon sujet, un bon cast, tout ça pour des effets spéciaux ? Outsourced, une sitcom qui devait travailler sur les différences culturelles entre les USA et l’Inde finit par être grossière, réductrice. Bref de quoi pleurer devant un aussi bon potentiel gâché. Autre idée ruinée, My generation, qui devait raconter le destin de lycéens 10 ans plus tard. Mais l’évolution est caricaturale et l’histoire ne sert que de prétexte à l’utilisation de clichés soap de mauvais goût, tandis que le montage achève toute envie de voir la suite. Et je passe sous silence les mauvais acteurs.

Lone Star, utilisant un vieux concept d’escroquerie, aurait pu être intéressante, car elle avait su développer une véritable émotion. Mais le couperet fatidique est tombé bien trop tôt.

Inutile de se tourner vers une énième série policière pour noyer son chagrin : Detroit 1-8-7 est juste un énième amassis de clichés du genre, le tout servi par des personnages apathiques ou insupportables.

Faire du conventionnel a ses limites, et elles sont malheureusement très vite atteintes. Beaucoup de séries sentent le pré-mâché, une fois l’effet de découverte passé. J’insiste, ce n’est pas un problème de format mais bien de capacité à dire quelque chose d’intéressant sur le long terme. Beaucoup critiquent l’omniprésence du non feuilletonnant à la télé, mais ce n’est qu’une partie du problème.

Prenons The Event par exemple. Alors que je ne tarissais pas d’éloges sur le pilote, déroutant, rafraichissant, je me suis vite rendu compte que j’avais affaire à du sous-24 feuilletonnant (pour moi qui ait toujours eu du mal avec 24, croyez moi c’est pas un compliment). D’ailleurs je ne pense pas reprendre à la mi-saison.

Autre exemple : Hawaï 5-0, qui m’avait beaucoup plu à ses débuts. Je pensais enfin revoir une certaine forme de duos d’action un rien blagueurs, et ressentir à nouveau les effluves des années 80. J’ai progressivement déchanté, puisque l’humour s’est dissout au profit des rebondissements de l’enquête. Je pensais me rabattre sur les personnages, mais au vu du background développé pour chacun des protagonistes je suis allé de désillusions en désillusions. Et la lassitude s’est installée.

Un autre exemple ? Undercovers. Blockbuster sans enjeu, sans âme. Un ressucé d’Alias sans le charisme de ses interprètes.

Ce fut une autre leçon de la rentrée. Ne pas s’appuyer sur des ténors qui ne savent pas se renouveler. Running Wilde en est l’illustration parfaite. Le concept d’Hurwitz est si cloisonné qu’on finit par détester ces personnages qui vivent sur une autre planète. L’effet rebours de la crise, peut-être.

Fallait-il pour autant se tourner vers le câble pour trouver des nouveautés enthousiasmantes ? C’est récurrent chez moi, j’ai beaucoup de mal à m’attacher sur le long terme à des séries de HBO. Prenez The Boardwalk Empire : un concentré de savoir-faire, de moyens, pour un résultat soporifique en terme de narration. Non, le cinéma ne fait pas tout. Alors que certains rêvent d’une meilleure réalisation (cinématographique,donc), moi je rêve de meilleurs scénarios. Je rêve d’émotions, de rythme, pas d’une scène clé tous les 3 épisodes.

Un problème de format ? Si je ne veux pas d’un cinéma « étiré » sur de multiples épisodes, je ne veux pas non plus que le support télévision soit à ce point si mal compris. Avait-on, au fond, besoin d’adapter un comic à la télé par un réalisateur de cinéma ? The Walking Dead n’a pas su développer ses personnages, encore moins trouver son ton.

Alors quelles furent les nouveautés valables de cette rentrée ? S’il y a bien un point positif dans l’histoire, c’est qu’il y a toujours un effet surprise lors d’une rentrée de seriephile. C’est du côté des comédies qu’il faut s’orienter. Je mets volontairement de côté le cas de Rubicon, qui a commencé cet été, mais qui reste une vraie réussite, sans oublier Men of a certain age qui vient de reprendre mais qui mérite aussi beaucoup d’éloges.

La grande gagnante est… Raising Hope. Je pensais que le créateur de My Name is Earl, série comique très réussie mais qui s’était essoufflée, n’arriverait pas à se renouveler. J’avais tort. Raising Hope est encore plus drôle, et contrairement à son prédécesseur, vraiment attachante. Au programme, toujours un mélange d’humour trash et de satire sociale. Irrésistible !

Et puis il y a également une série, certes pas extraordinaire de prime abord, mais qui a fait son chemin, petit à petit, pour me convaincre. Better With you réunit également un cast sensationnel, et même si ses mécaniques de jeu sont conventionnelles, ça fonctionne très bien, et je me suis attaché à ces personnages. Preuve que la sitcom n’est pas morte.

Enfin, sur le podium, qui l’eut cru, une série de la CW. Si avec ça je perds pas toute crédibilité… Et pourtant, Nikita est une série dramatique qui a su développer ses personnages en même temps qu’elle nous a donné notre lot de rebondissements et d’action bien calibrée. Voilà un exemple de divertissement qui me remémore un peu ce qu’on savait faire dans les années 90. Pas prétentieuse comme une série du câble, pas ratée comme The Event, Nikita a su construire peu à peu tout ce que j’attendais d’elle. (Et puis j’ai découvert Lyndsy Fonseca, en plus).

Voilà donc pour les nouveautés, au final peu satisfaisantes. On aurait pu penser que les séries habituelles allaient compenser ce manque. Eh bien non. Je vais essayer de classer les séries du pire au meilleur, même si je n’aime pas particulièrement cet exercice…

Commençons d’emblée par la plus grosse désillusion de cette saison automnale : la saison 5 de Dexter. Alors qu’elle devait être celle du renouveau, elle a été celle qui a ridiculisé la série. Dexter se sort tous les 2 épisodes de situations inextricables avec la complicité de scénaristes qui transforment les personnages au gré des besoins. Autant dire que le suspense est mort, un choix d’autant plus affirmé que la seule possibilité d’évolution nous revient violemment dans la figure à la fin de la saison.

Autre déception, celle de ce début de saison 2 de Community. J’avais misé beaucoup d’espoir en elle, étant donné que j’avais finalement été conquis par la fin de la première saison lors d’un rattrapage. Mais cette fois c’est la bonne, j’arrête les frais. A part un épisode d’Halloween très drôle car parodique, le reste est dans une médiocrité affligeante. J’attendais de l’humour, pas une débauche de créativité qui ne fait même pas sourire. Et puis le développement des personnages est toujours aussi incohérent.

J’ai également été déçu par la 7ème rentrée de Grey’s anatomy. D’abord tristounette (compréhensible vu les évènements), elle n’a pas su me ré-attacher à ses personnages. Je voulais une évolution, pas une révolution. Rendez-moi Christina ! En plus, de trop vieilles ficelles ont été utilisées, ça sent un manque flagrant d’imagination. J’espère un revirement pour la suite et des personnages mieux exploités (j’étais si content de l’arrivée d’April).

Modern Family a également eu un démarrage très difficile, avec une perte sensible d’inspiration, un manque d’enchaînement dans les gags. (Le côté apocalyptique, où tous les évènements concordent à une grande catastrophe, ça me manque). Ils ont même réussi à me rendre Claire détestable. Heureusement quelques bons épisodes ont su relever le niveau.

How i met your mother m’a beaucoup surpris. Je voulais arrêter la série l’année dernière, mais la présence de Jennifer Morrison m’en a dissuadé. Alors certes, il y a beaucoup de déchets dans les gags, mais je me suis surpris à aimer à nouveau la série. Ce n’est pas du à l’actrice (même si j’aurai aimé le lui accorder), mais plutôt à quelques (très) bons épisodes disséminés ça et là. Je n’avais pas ri depuis très longtemps dans la série. Espérons que ce soit de bonne augure pour la suite.

Ça me fait mal de le dire, mais Chuck m’a beaucoup déçu. Le renouvellement de scénaristes a finalement été préjudiciable au ton de la série, qui est devenue trop comique, au point d’être en parodie permanente, rendant certaines scènes entre Chuck et Sarah complètement surréalistes au lieu d’être émouvantes. Malgré un foisonnement de guests, la série a eu du mal à redevenir palpitante. Et il faut bien le dire, à deux fois je me suis exclamé : « tout ça pour ça ! ». Signe que la série a l’air d’être en roue libre. Je ne perds pas espoir cependant, puisque la début de la saison 3 avait aussi été un peu laborieux. Et puis il reste Yvonne. (Non ma chérie, pas taper !).

Je commence à me lasser de The Mentalist. J’ai trouvé que les loners n’étaient pas particulièrement bien écrits (sauf l’épisode 7). Mais bizarrement, alors que je n’étais pas passionné par le fil rouge sur Red John, j’ai à deux fois trouvé le récit palpitant. Au final la série reste sympathique mais bien en deçà de ses saisons précédentes.

Quant à Life Unexpected, qui devrait s’achever prochainement, j’ai cru à un moment l’avoir perdue. En effet, ça avait très mal commencé, avec une surabondance de clichés soap. Ce n’est qu’en fin de saison que la série m’a à nouveau convaincu. Les personnages étaient à nouveau exploités, en s’assurant de leur cohérence psychologique, et les derniers épisodes m’ont beaucoup ému. C’est vraiment dommage, je me suis rabiboché avec la série juste au moment où son annulation a été annoncée.

Pour Parenthood ce fut l’effet inverse. Alors que j’ai apprécié son retour, j’ai malheureusement déchanté par la suite. La surexposition de Crosby m’a finalement beaucoup ennuyé. Tout comme celle de l’arrivée de Baldwin (insupportable). Mais en fait c’est l’ensemble des histoires qui m’a déplu. Mis à part certaines scènes de Julia, ce n’était pas très passionnant. J’attendais peut-être aussi davantage des enfants de Sarah. Si les personnages restent attachants, il faut quand même leur donner un discours un peu plus intéressant sur la parentalité.

The Good Wife, qui ne m’avait pas encore déçu jusque là, a eu également son lot de loupés. Certes, deux épisodes, ce n’est pas grand chose, mais quand même.  D’une manière générale, j’ai également trouvé que les implications politiques étaient en deçà de mes attentes. Restent donc les cas juridiques, toujours aussi captivants même s’il y a moins d’efforts sur la forme. Le point positif, c’est que j’ai enfin pu apprécier Panjabi. Je reste confiant, j’ai vraiment l’impression qu’on aura à nouveau cet effet puzzle en fin de saison.

The Big Bang Theory aura beau été moins constant que la saison passée, j’ai quand même passé d’excellents moments. Je sais que la présence de nouveaux personnages féminins fait débat, donc je ne rentrerai pas (trop) dans ce jeu. Il est certain que les meilleurs moments ne proviennent pas de cet ajout au cast, mais dans le même temps c’est le prix à payer pour éviter la saturation et l’épuisement des ressorts comiques des personnages principaux.

Enfin, j’ai vraiment aimé ce début de septième saison de House. C’était pas gagné, puisque la nouvelle dynamique était surprenante. Difficile de s’y habituer ? Pas tant que ça, puisque c’est fait avec suffisamment d’intelligence pour poser les problèmes au fur et à mesure. Maintenant, pour que cela tienne sur le long terme, c’est un autre défi, et les derniers épisodes me rendent assez pessimistes. Mais plus encore que cette nouvelle relation, j’ai vraiment adoré l’arrivée d’Amber Tamblyn. Son personnage est particulièrement bien pensé et donne beaucoup de fraîcheur au show. Quelle dommage de ne pas pouvoir la conserver et de vouloir faire revenir Thirteen !

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Une réflexion sur “Bilan de la saison automnale 2010 (USA)

  1. Et bien que de déchantements Eclair, j’ai repris grey’s à la saison 6. Et je vais découvrir « Rubicon » dès ce mois ci ainsi que « Pretty Little Liars ». Heureusement que Orange est là car je n’arrive plus à suivre en dvd…

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